À l’échelle provinciale, 97 214 ventes résidentielles ont été conclues, soit une hausse de 8 % par rapport à 2024.
Dans les Laurentides, le marché immobilier affiche lui aussi une solide performance, avec une augmentation de 9 % des ventes de maisons unifamiliales comparativement à l’année précédente. Le marché est demeuré particulièrement actif au quatrième trimestre de 2025, même si certains secteurs ont montré de légers signes de ralentissement, attribuables à des dynamiques locales plutôt qu’à une tendance régionale généralisée.
Des variations contrastées selon les municipalités
Économiste et directeur de l’analyse des marchés à l’APCIQ, Charles Brant souligne que les Laurentides ne forment pas un marché uniforme. « Les Laurentides, ce n’est pas un marché homogène. Chaque municipalité a sa propre dynamique et son propre profil d’acheteurs, explique-t-il. Plus un marché est petit, plus il est sujet à des variations importantes d’une année à l’autre. »
Au dernier trimestre de l’année, Saint-Sauveur et Sainte-Adèle ont enregistré une baisse modérée des ventes de maisons unifamiliales, respectivement de 4 % et 1 %. Malgré ce léger recul trimestriel, l’activité annuelle demeure élevée, avec des hausses globales de 6 % à Saint-Sauveur et de 8 % à Sainte-Adèle pour l’ensemble de 2025.
À l’inverse, Sainte-Agathe-des-Monts et Mont-Tremblant ont connu une croissance marquée des ventes, affichant des augmentations respectives de 25 % et 21 % au cours du même trimestre. Les prix médians sont demeurés relativement stables dans la région. Ils s’établissent autour de 480 000 $ à Sainte-Agathe-des-Monts et atteignent 618 000 $ à Saint-Sauveur, témoignant d’un marché encore soutenu malgré un certain rééquilibrage de la demande.
L’APCIQ observe que le déséquilibre entre le faible nombre d’inscriptions et le volume d’acheteurs persiste dans plusieurs secteurs, ce qui continue de favoriser les vendeurs. Cette situation se traduit notamment par une réduction du nombre de jours sur le marché pour les propriétés mises en vente.
Mont-Tremblant : d’un ralentissement marqué à une reprise
Mont-Tremblant a été particulièrement affectée par la hausse des taux d’intérêt en 2022 et 2023, entraînant le retrait de nombreux investisseurs, une augmentation de l’inventaire, une baisse des prix et un ralentissement notable des ventes. À cela s’ajoutaient d’autres enjeux, notamment un parc immobilier vieillissant, surtout en copropriété, une perte d’attractivité face à d’autres destinations et des incertitudes entourant les activités commerciales.
La situation s’est toutefois améliorée au cours de la dernière année grâce à une combinaison de facteurs. Parmi ceux-ci figurent la baisse des taux d’intérêt depuis la fin de 2024, le retour des investisseurs, l’annonce d’un nouveau repreneur pour les activités commerciales et des projets structurants, dont l’arrivée du Club Med. Ces éléments ont ravivé l’intérêt pour la région et contribué à une reprise marquée des ventes. En 2025, Mont-Tremblant figure d’ailleurs parmi les agglomérations des Laurentides ayant connu l’une des plus fortes progressions annuelles, avec une hausse de 15 % des transactions.
M. Brant confirme un intérêt accru pour les régions, particulièrement dans les Laurentides, qui affichent l’un des soldes migratoires nets les plus élevés au Québec. Le télétravail, la recherche d’une meilleure qualité de vie et des prix encore relativement plus abordables qu’à Montréal attirent notamment les jeunes familles.
Courtier immobilier chez Royal LePage et actif dans les Laurentides depuis une dizaine d’années, Nicolas Toupin observe lui aussi une transformation des habitudes d’achat.
« Le télétravail a complètement changé les habitudes des acheteurs. Des ménages qui n’auraient jamais envisagé de s’installer aussi loin le font maintenant, affirme-t-il. Le développement de l’Internet haute vitesse a énormément aidé certains secteurs qui étaient auparavant moins accessibles. Aujourd’hui, les gens réalisent qu’ils peuvent travailler pratiquement de n’importe où ».
Selon lui, le marché demeure très dynamique dans la couronne de Laval, où la demande est forte et les surenchères fréquentes, tandis que les secteurs plus au nord connaissent un rythme soutenu, mais avec moins de pression sur les prix et des délais de vente légèrement plus longs.
Crise du logement et accès à la propriété
Dans un contexte de crise du logement, M. Brant estime que la solution est simple en théorie, mais difficile à appliquer : construire davantage. Le principal enjeu demeure le décalage entre la croissance de la demande et le rythme insuffisant des nouvelles constructions. « La copropriété demeure l’une des options les plus accessibles pour les premiers acheteurs, surtout dans un contexte de prix élevés », rappelle-t-il.
Les experts s’entendent pour dire que l’augmentation du nombre d’acheteurs doit se faire avec prudence. Si les programmes existants facilitent l’accès à la propriété, une hausse trop rapide de la demande pourrait accentuer la surchauffe du marché. L’équilibre passe par une amélioration des conditions économiques, la diversification des types de logements et une collaboration étroite entre les gouvernements, les municipalités et les acteurs du marché.
Un bilan provincial très positif
À l’échelle du Québec, les trois catégories de propriétés ont affiché une croissance en 2025 : les maisons unifamiliales avec 63 210 transactions (+8 %), 24 232 ventes de copropriétés (+5 %) et pour les plex, c’est un total de 9 477 transactions (+13 %).
La poursuite de la baisse des taux d’intérêt et l’allongement de la période maximale d’amortissement hypothécaire de 25 à 30 ans ont soutenu la capacité d’achat des ménages, maintenant un niveau d’activité élevé tout au long de l’année. Selon l’APCIQ, la combinaison d’un inventaire limité et de conditions de financement plus favorables continue de maintenir un avantage marqué pour les vendeurs, y compris dans les Laurentides.

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