Selon une vaste enquête Léger menée auprès de plus de 5 000 locataires québécois, le loyer moyen dans la région atteignait 1 123,32 $ en 2025, confirmant une pression financière de plus en plus lourde sur les ménages.
Dévoilée le 26 janvier dernier par Vivre en Ville, en collaboration avec la Ville de Montréal et l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) lors d’une conférence de presse, l’étude dresse un portrait préoccupant du marché locatif. Pour une troisième année consécutive, les résultats montrent des augmentations de loyer supérieures à l’inflation, des difficultés accrues à payer le loyer et une méconnaissance persistante des droits des locataires.
« Un des grands problèmes en habitation, c’est qu’on manque de données probantes, précises et représentatives de ce que vivent réellement les locataires, explique Adam Mongrain, directeur – habitation chez Vivre en Ville. Ce sondage-là existe justement pour combler ce vide et mieux comprendre ce qui se passe sur le terrain. »
Des données basées sur l’expérience réelle des locataires
Contrairement à certaines enquêtes gouvernementales, souvent limitées par leur échantillon ou leur portée géographique, l’étude Léger repose exclusivement sur les loyers déclarés par les locataires eux-mêmes, en raison de l’absence d’un registre des loyers. Cet outil permettrait, selon M. Mongrain d’avoir un meilleur portrait de la situation.
« On ne s’est pas basé sur les annonces ou sur des logements vacants, mais bien sur ce que les gens paient réellement, précise M. Mongrain. C’est ce qui nous permet de suivre l’évolution du marché locatif de façon plus fidèle à la réalité ».
L’enquête révèle également qu’un peu plus d’un locataire sur cinq seulement, soit 22 %, croit pouvoir devenir propriétaire au cours des cinq prochaines années : un indicateur clair de la perte d’accessibilité à la propriété.
Pouvoir d’achat en déclin et inégalités régionales
Au-delà des loyers, l’étude met en lumière la fragilisation du pouvoir d’achat des Québécois, alors que les coûts liés au logement augmentent plus rapidement que les revenus. « Le problème des ménages à très faible revenu, c’est simple : ils n’ont pas assez d’argent, résume Adam Mongrain. Dans un marché où la compétition pour les logements est forte, ceux qui ont moins de moyens se retrouvent rapidement exclus ».
L’organisme Vivre en Ville souligne aussi l’importance de mieux tenir compte des réalités régionales. Dans une vaste région comme les Laurentides, les écarts entre les municipalités et les MRC sont importants et nécessitent des réponses adaptées. « On ne peut pas aborder le logement de la même façon partout au Québec, insiste-t-il. Les réalités ne sont pas les mêmes d’un territoire à l’autre, et les politiques publiques doivent en tenir compte ».
Des données essentielles pour guider l’action publique
Un panel d’experts réunissant des économistes de l’Observatoire québécois des inégalités, du CIRANO/UQAM, de l’APCHQ et de Centraide du Grand Montréal a suivi la conférence de presse. Tous ont souligné l’importance de s’appuyer sur des données solides pour élaborer des politiques efficaces en habitation.
Pour Vivre en Ville, l’objectif est clair : continuer de documenter la crise afin d’outiller les décideurs et de mieux protéger les locataires.

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