À l’occasion de la première pelletée de terre des travaux, les Résidences Funéraires Goyer, propriétaires de l’établissement depuis 2017, ont annoncé un investissement de 2 millions de dollars pour moderniser les lieux, notamment avec l’ajout d’un ascenseur qui rendra le salon entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite.
« Cet investissement de 2 millions de dollars représente bien plus qu’une rénovation. Il s’agit d’un engagement concret envers les familles que nous servons et envers l’avenir de notre communauté », affirme René Goyer, président des Résidences Funéraires Goyer.
Un salon qui accusait du retard
« Notre succursale de Saint-Sauveur ne reflétait plus la qualité d’installation que nous offrons aux familles », explique Jonathan Goyer, gestionnaire et conseiller aux familles. Les lieux accusaient notamment un retard en matière d’accessibilité universelle et d’équipement audiovisuel. L’entreprise y ajoute aussi un espace de réception avec service traiteur, une première pour ce salon.
Le temps des travaux, un local temporaire prend le relais à Saint-Sauveur. Les équipes de la Maison Trudel y demeurent, assure l’entreprise, pour maintenir une présence continue auprès des familles.
Une maison centenaire
La Maison Trudel accompagne les familles de Saint-Jérôme depuis 1880. Sa succursale de Saint-Sauveur, ouverte en 1954 face à l’église, occupe toujours le 214, rue Principale.
En 2017, les Résidences Funéraires Goyer, qui exploitaient déjà sept salons dans les Basses-Laurentides, ont fait l’acquisition des trois établissements Trudel : Saint-Jérôme, Saint-Antoine et Saint-Sauveur. Les trois ont gardé leur nom d’origine, une décision qui visait, selon l’entreprise, à préserver leur caractère patrimonial. Catherine Trudel, qui en assurait déjà la gestion quotidienne, en a conservé la supervision comme directrice générale adjointe.
Ce nom restera, confirme Jonathan Goyer. « Nous avons toujours eu l’intention de respecter le passé, son histoire, sa culture », dit-il. Il ajoute que la famille est fière que Maison Trudel soit demeurée une propriété entièrement québécoise, ce qui réaffirme, selon lui, sa volonté de faire croître l’entreprise depuis la région.
Résister à la vague
Le rachat de Maison Trudel n’a rien d’exceptionnel en soi. Selon une analyse du cabinet montréalais TTC Nantel, spécialisé en fusions et acquisitions, l’industrie funéraire québécoise vit l’une de ses vagues de consolidation les plus actives, portée par le vieillissement de la population et l’appétit grandissant des investisseurs. Les entreprises familiales indépendantes, encore majoritaires dans la province, cèdent du terrain, transaction après transaction.
Les Goyer s’inscrivent toutefois à contre-courant sur le plan de la propriété. Fondée en 1969 à Saint-Eustache par Roméo Goyer, l’entreprise est passée, à son décès en 1979, entre les mains de son épouse Marie-Paule Dion puis de leur fils René, qui la préside depuis. La troisième génération, Geneviève, Benoît et Jonathan, y est active depuis les années 2000 et dirige aujourd’hui un réseau d’une dizaine de salons dans les Basses-Laurentides et à Laval, toujours sous propriété entièrement québécoise.
« Un projet comme celui-là ne se réalise pas seul, c’est un véritable projet familial où chacun s’implique à sa façon », résume Jonathan Goyer, qui confirme y jouer un rôle actif, comme il l’avait fait pour le complexe de Sainte-Thérèse en 2014.

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