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Stratégie économique : Les Laurentides parlent d’une seule voix

Photo tirée du site internet du CPERL –

Xavier-Antoine Lalande

Stratégie économique : Les Laurentides parlent d’une seule voix

Publié le 20/02/2026

Fruit d’une vaste démarche de concertation réunissant les acteurs du développement économique des huit territoires des Laurentides, des élus régionaux et de plusieurs chefs d’entreprise, la Stratégie de développement économique régionale des Laurentides propose une vision renouvelée, inclusive et tournée vers l’avenir, selon les principaux intéressés.  

Présentée publiquement le 16 décembre dernier à Mont-Gabriel devant plus de 120 participants, la stratégie témoigne d’une mobilisation régionale forte. Elle offre désormais un cadre rassembleur pour guider le développement économique des Laurentides au cours des prochaines années.

Pour André St-Pierre, président de Connexion Laurentides, cette démarche se distingue avant tout par l’ampleur de la mobilisation régionale.


« C’est une des premières fois que je vois autant de volonté de travailler ensemble sur des enjeux et des objectifs communs dans les Laurentides », souligne-t-il.

Une approche transversale plutôt que sectorielle

Au fil des travaux, un consensus clair s’est dégagé : plutôt que d’adopter une approche sectorielle traditionnelle, les partenaires ont opté pour une stratégie transversale, capable de répondre aux réalités diverses des territoires tout en soutenant l’ensemble des industries qui font la force économique de la région.

« Au lieu de partir d’un secteur précis, on a identifié ce qui est commun à tous », explique André St-Pierre. Cette orientation permet d’éviter qu’une stratégie trop ciblée ne bénéficie qu’à certaines MRC au détriment des autres.

Parler d’une seule voix et favoriser l’enracinement

Cette vision concertée vise à permettre aux Laurentides de parler d’une seule voix auprès des gouvernements, de renforcer leur attractivité et de favoriser la rétention durable des entreprises et de la main-d’œuvre. La région se positionne ainsi comme une véritable terre de vie, où il est possible de s’installer, de travailler et de s’épanouir à long terme. La stratégie s’articule autour de trois leviers structurants interdépendants : la mobilité, le logement et le développement des compétences. Ensemble, ils visent à bâtir des milieux de vie complets et cohérents.

« Les enjeux de mobilité s’inscrivent d’ailleurs dans une réflexion plus large sur l’attractivité régionale, entre autres pour éviter aussi un exode des étudiants vers Montréal ou Laval. Il est nécessaire que les gens se déplacent plus efficacement, tout en devant préserver une qualité de région au Québec », affirme Xavier-Antoine Lalande, préfet des Laurentides.

Former, retenir et attirer la main-d’œuvre

La pénurie de main-d’œuvre demeure un enjeu transversal pour l’ensemble des secteurs économiques. Pour André St-Pierre, la solution passe par la formation locale et des conditions de vie attrayantes. « La main-d’œuvre disponible, c’est souvent celle qui habite près de son lieu de travail. Pour la retenir, il faut offrir un milieu de vie complet. »

C’est dans cette logique que s’inscrit le projet de Centre de formation et d’innovation à Saint-Jérôme, un investissement de 60 M$ aligné directement avec les orientations de la stratégie régionale.

Les Laurentides, terre d’expérimentation

Afin de valoriser sa capacité d’innovation, la région se positionne comme terre d’expérimentation, affirmant sa volonté d’accueillir et de déployer des solutions innovantes adaptées aux besoins du territoire. À court terme, les Laurentides se distinguent notamment comme territoire d’expérimentation du véhicule autonome, incluant des applications variées : tracteurs agricoles automatisés, trains forestiers, drones cargo et solutions de transport intelligent.

« En en faisant un levier central, les Laurentides démontrent leur capacité à innover de façon concrète », affirme M. Lalande.

En 2023, les Laurentides représentaient 5,7 % du PIB québécois, se classant au quatrième rang des régions économiques. En 2024, elles regroupaient 7,9 % des emplois, avec un taux de chômage moyen de 3,8 %, parmi les plus bas au Québec. Le revenu disponible par habitant atteignait 37 676 $, le deuxième plus élevé de la province.

Malgré ces indicateurs positifs, la stratégie reconnaît des défis structurels étroitement liés : pénurie de main-d’œuvre, pression sur le logement et enjeux de mobilité. Agir sur un seul de ces éléments sans considérer les autres limite l’impact global.