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André De Montigny fait revivre une maison du XIXe siècle

Photo : Phoeby Laplante — André De Montigny et Céline Meloche ont entièrement restauré la Maison Richer entre 2004 et 2007, après qu’elle soit demeurée inhabitée pendant près de 40 ans.

André De Montigny fait revivre une maison du XIXe siècle

Publié le 10/08/2026

Pour André De Montigny et sa conjointe Céline Meloche, restaurer la Maison Richer n'a jamais été un simple projet de rénovation.

C’est un véritable choix de vie, guidé par le désir de préserver un témoin de l’histoire locale plutôt que de le remplacer par une construction neuve.

Érigée entre 1871 et 1873, la demeure en pièces sur pièces a appartenu pendant plus de 125 ans à la famille Richer avant d’être acquise par le couple en 2004. À l’époque, la maison n’était plus habitée depuis les années 1960, mais ses nouveaux propriétaires y ont vu un potentiel que plusieurs ne soupçonnaient pas.

« Habiter une maison comme ici, c’est un style de vie, résume André De Montigny. C’est un style de vie qu’on aime beaucoup, mais que bien des gens pourraient aimer aussi. On recherche la simplicité, le calme et le respect de ce qui nous entoure. »

Une vision avant tout

Lorsque le couple découvre la propriété, plusieurs estiment qu’elle est irrécupérable.

« Des gens auraient regardé cette vieille maison abandonnée et se seraient dit : “On démolit ça et on construit un bungalow neuf.” Pour moi, ce serait presque un meurtre, affirme-t-il. Il faut avoir une vision et voir le potentiel qui existe encore. »

Selon lui, la restauration d’un bâtiment patrimonial commence d’abord par une volonté de préserver son authenticité.

« Ce n’est pas parce qu’une maison est défraîchie qu’elle n’a plus de valeur. Avec une vision, un peu de connaissances et beaucoup de respect, on découvre tout ce qu’elle peut encore offrir », explique-t-il.

Les réactions du voisinage ont d’ailleurs rapidement changé au fil des travaux.

« Au début, plusieurs pensaient qu’on allait se planter. Puis, en voyant la restauration avancer, ils se sont rendu compte qu’ils étaient passés à côté de quelque chose. Cette maison avait simplement besoin d’amour », raconte-t-il.

Trois années de restauration intensive

Entre l’achat en 2004 et l’emménagement en 2007, le couple consacre près de trois années aux travaux et passe l’essentiel de ses vacances à restaurer la maison.

Parmi les interventions majeures, la maison a dû être entièrement soulevée à huit pieds dans les airs afin de remplacer son solage devenu irrécupérable.

Le projet comprenait notamment un nouveau puits, une fosse septique, l’isolation, la fabrication de fenêtres reproduisant fidèlement les modèles d’origine ainsi que la restauration des éléments architecturaux.

« On voulait adapter la maison aux besoins d’aujourd’hui sans jamais dénaturer son caractère. Chaque décision était prise dans le respect de son histoire », précise-t-il.

Au fil des travaux, les propriétaires découvrent de nombreux témoins du passé : d’anciennes tapisseries, de la vaisselle, des bouteilles de lait, des outils et même un fusil datant des années 1870 qui était caché dans la maison.

La propriété a été acquise pour environ 52 000 $ en 2004, alors que plusieurs la considéraient surtout comme un terrain.

Au total, en incluant l’achat et les travaux, le couple estime avoir investi environ 250 000 $.

Défaire les préjugés

Pour lui, les maisons anciennes souffrent encore de plusieurs idées reçues concernant leur entretien et leur restauration.

Au-delà de son propre projet, André De Montigny souhaite sensibiliser davantage la population à la valeur du patrimoine bâti québécois et à l’importance de restaurer les bâtiments dans le respect de leurs matériaux d’origine.

« Ici, on cherche plutôt à retrouver l’authenticité, affirme-t-il. Il ne faut pas avoir peur d’acheter une vieille maison parce qu’on ne connaît pas tout. Avec de la volonté, du respect et une vision, tout est possible. Sauver une maison patrimoniale, c’est préserver un morceau de notre histoire », dit-il.

L’engagement d’André De Montigny et de Céline Meloche a d’ailleurs été reconnu par Histoire et Archives Laurentides, qui leur a décerné un prix en histoire et patrimoine le 26 avril dernier.