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Communautaire à boutte : la démission de Mme Rouleau exigée

Photo Phoeby Laplante – Des milliers de personnes du milieu communautaire se sont réunies pour manifester leur mécontentement face à leurs conditions de travail actuelles et au manque de financement de leur organisation.

Communautaire à boutte : la démission de Mme Rouleau exigée

Publié le 17/04/2026

Le 2 avril, des milliers de représentants et représentantes d’organismes communautaires, dont une centaine des Laurentides, se sont rendus à Québec, devant l’Assemblée nationale, pour exiger une nette amélioration de leurs conditions.

L’ensemble des organismes communautaires de toutes les régions administratives dénoncent le dernier budget qui est considéré comme insuffisant pour permettre aux organismes de pouvoir prospérer. Par le fait même, l’ensemble de la foule clamait la démission de Chantal Rouleau, ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, pour son « manque d’écoute et de collaboration ».

« Mme Rouleau, arrêtez de nous prendre pour des cons », s’écriait l’ensemble de la foule, sous les slogans « Rouleau, démissionne ».

Cette manifestation a lieu dans le cadre du mouvement « Le communautaire à boutte » au cours de laquelle de la musique et des prises de parole ont eu lieu, aux abords de l’Assemblée nationale.

Mobilisés jusqu’au boutte

Au petit matin, plus d’une centaine de personnes, représentant les organismes communautaires des Laurentides, quittaient leurs terres pour partir vers la Capitale Nationale. Dans l’autobus, l’énergie était à son comble.

Pour rappel, l’ensemble des organismes communautaires demande au gouvernement du Québec de changer le mode de financement des organismes pour le faire passer d’un financement par projet à un financement à la mission. En plus d’une valorisation de leur rôle dans la société, cela « permet d’offrir des conditions de travail décentes, de prendre soin de la santé des travailleuses et d’éviter de fragiliser les organismes, essentiels au bien-être des populations » selon Stéphanie Gaussirand, coordonnatrice à l’Antre-Jeune.

Selon Mme Gaussirand, « être à boutte » est l’expression d’une écœurantite aiguë de « se faire dire qu’on est tant dévouées, comme si ces compliments pouvaient remplacer des salaires qui ont de l’allure ».

« L’action communautaire autonome est composée de personnes qualifiées, qui font un travail exigeant, qui rencontrent quotidiennement la détresse humaine et qui soutiennent le filet social à bout de bras », dit-elle.

Depuis le début du mouvement, le 23 mars dernier, aucun ministre des Laurentides n’a encore commenté la manifestation de ces organismes. Pour Josianne Dubé, ancienne gestionnaire et travailleuse auprès de l’Antre-Jeune, le mouvement communautaire poursuivra au-delà de la manifestation du 2 avril, pour se faire entendre jusqu’à la négociation avec le gouvernement.

« On n’a pas le choix, dit-elle. Ce n’est pas depuis hier que le gouvernement recule sur les conditions du milieu communautaire. On doit se battre pour nos croyances jusqu’au bout ».

Une table de négociation est attendue par le milieu communautaire le 12 avril prochain, date de l’entrée en poste de la personne remplaçant François Legault comme premier ministre.