Toutefois, à la Coopérative Funéraire des Laurentides de Saint-Jérôme, ce sont Caroline Chartrand et France Clermont qui assurent ce service.
Martin Fillion, directeur général, explique qu’il s’agit de l’un des rares salons funéraires au Québec à employer des femmes à ce poste. « Habituellement, c’est un métier d’homme, surtout des personnes retraitées. Ici, à la coopérative, on a deux femmes qui le font et elles sont très appréciées […] les engager est la meilleure chose que j’ai pu faire », dit-il fièrement.
Au-delà de la formation technique, M. Fillion souligne que l’essentiel dans ce domaine est l’empathie, une qualité dont Caroline Chartrand et France Clermont font preuve au quotidien. « Ces deux femmes se distinguent par leur dévouement et leur professionnalisme », affirme M. Fillion.
« La technique, ça peut s’apprendre, tout le monde peut le faire, mais avoir l’approche ce n’est pas donné à tous », soutient-il.
Caroline et France ont choisi cette profession par passion pour le soutien aux familles en deuil et le respect des défunts. Leur vocation leur permet de faire preuve de compassion et de respect chaque jour. Elles ont surmonté des préjugés et prouvé leur compétence. M. Fillion et son équipe célèbrent leur courage, leur détermination et leur contribution inestimable à la coopérative funéraire. Leur parcours témoigne de la force, de la diversité et de l’inclusion dans tous les domaines professionnels.

Au côté de Mme Chartrand, France Clermont brisent les stéréotypes.
Un parcours unique
Pour Caroline Chartrand, c’est lorsque son père a demandé l’aide médicale à mourir, il y a quelques années, que le métier s’est imposé à elle.
« L’aide médicale à mourir de mon père, ça a été une des plus belles journées de ma vie. J’ai pu lui parler, je me suis couché à côté de lui, il a pu partir paisiblement. C’est cet événement particulier qui m’a fait choisir ce métier », dit-elle. Elle accorde une attention particulière aux défunts, veillant à ce qu’ils partent dans la dignité et le respect, explique-t-elle. Pour elle, être brancardière va bien au-delà du simple transport des défunts : c’est les accompagner jusqu’à leur dernier repos tout en soutenant les familles dans cette épreuve. Lorsqu’elle rencontre les familles, elle leur souhaite ses sympathies, elle discute avec eux puis elle les accompagne jusqu’au bout et laisse à la famille la chance de dire un dernier au revoir avant de le quitter, raconte Caroline.
Mme Chartrand se souvient d’un jour où elle est allée chercher une dame qui avait demandé l’aide médicale à mourir. Le tout se déroulait à l’extérieur, à son arrivée, un feu crépitait, et des cappuccinos glacés circulaient parmi les proches. Le mari de la défunte lui a expliqué que c’était sa dernière volonté: que chacun partage ce moment avec un cappuccino glacé en main. C’était beau, dit-elle. Une fois la dame déposée pour son dernier repos, elle est sortie et elle est allée se chercher un cappuccino glacé elle aussi.
« J’adore mon métier, je suis bien là-dedans. Accompagner ces gens pour leur dernier voyage c’est un privilège pour moi ».
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