Pour sa directrice, Luisa De la Cruz, chaque place compte, parce qu’au bout du fil, il y a souvent une femme qui cherche simplement un endroit sécuritaire où recommencer à respirer.
Le mercredi 17 juin 2026 à 20 h, l’organisme présentera son spectacle bénéfice « Ensemble pour L’Ombre Elle » au Théâtre Le Patriote, à Sainte-Agathe-des-Monts — une activité devenue essentielle pour maintenir les services dans un contexte où les coûts explosent et les besoins continuent de croître.
Un refuge pour se relever
L’Ombre Elle dessert la MRC des Laurentides et la MRC des Pays-d’en-Haut. La maison accueille des femmes avec ou sans enfants et offre un hébergement confidentiel accessible en tout temps, en plus d’un accompagnement psychosocial et de services spécialisés pour les enfants.
Pour Luisa De la Cruz, les transformations vécues à l’intérieur des murs de la maison demeurent ce qui la marque le plus.
« Elles arrivent ici brisées… et repartent avec les épaules droites », dit-elle.
Certaines femmes mettent des mots sur cette reconstruction dans des témoignages remis à l’équipe. « Aujourd’hui se tourne la page d’un nouveau chapitre… J’ai commencé à voir, à retirer le brouillard que j’avais devant les yeux », écrit une résidente. « Les réalisations font mal, mais sont nécessaires. »
Mais derrière ces parcours se cache une réalité difficile : le refuge déborde constamment.
L’Ombre Elle possède un permis pour 15 places, mais héberge régulièrement jusqu’à 21 personnes, parfois davantage. Lorsque nécessaire, l’équipe ajoute des lits de camp ou des lits superposés afin d’éviter de refuser des femmes en situation de danger.
« On pourrait s’en tenir à 15, mais personne ici ne serait à l’aise avec ça quand on sait qu’on peut diviser des chambres et ajouter des lits », explique la directrice.
Certaines femmes arrivent avec plusieurs enfants, ce qui augmente rapidement le nombre de personnes hébergées. « Juste avec trois familles, on était 19 personnes, et il y avait seulement trois femmes. Les enfants aussi ont besoin de soutien », souligne Mme De la Cruz.
« Le nombre de femmes hébergées ne peut pas être représentatif du besoin. On refuse des femmes depuis longtemps faute de place. »
Des enfants marqués eux aussi
À L’Ombre Elle, les enfants reçoivent eux aussi un accompagnement adapté à ce qu’ils vivent.
Des activités sont mises en place pour les aider à exprimer leurs émotions et retrouver une forme de stabilité. Parfois, les blessures apparaissent sans qu’un mot soit prononcé.
« C’est très révélateur de voir comment ils placent les petites abeilles dans la ruche. On voit ce qu’ils portent sans même qu’ils le disent », raconte Luisa De la Cruz.
L’équipe travaille aussi à rétablir une routine familiale et scolaire, souvent bouleversée par la violence vécue à la maison.
Les femmes arrivent au refuge par différents chemins : certaines sont référées par les policiers, la DPJ ou des travailleurs sociaux.
« Souvent, elles appellent et elles ne savent pas trop pourquoi. Elles ont besoin d’aide, mais ne savent pas encore comment le nommer », explique la directrice.
Un personnel à bout de souffle
Comme plusieurs maisons d’hébergement, L’Ombre Elle doit composer avec un financement insuffisant.
L’augmentation du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC), fixée à 1,8 %, ne suit pas l’augmentation des dépenses.
« C’est comme si je te disais : je vais te donner deux piastres de plus. Qu’est-ce que tu veux que je fasse avec deux piastres ? », illustre Mme De la Cruz.
Depuis le déménagement dans une bâtisse plus grande, les coûts d’exploitation ont triplé. L’électricité à elle seule approche les 20 000 $ annuellement.
« On a triplé nos frais d’exploitation, mais l’enveloppe est la même », affirme la directrice.
Pendant ce temps, l’équipe continue de fonctionner à pleine capacité. « Mon staff est épuisé. Je n’ai pas les moyens d’engager quelqu’un d’autre. »
En plus de l’hébergement, deux intervenantes offrent des services externes dans les MRC des Laurentides et des Pays-d’en-Haut. Elles accompagnent les femmes dans des démarches liées aux tribunaux, à l’immigration, à l’aide financière ou à la DPJ.
« Il y a mille bonnes raisons de nous appeler. Chaque femme a son parcours », rappelle Mme De la Cruz.
Un spectacle pour maintenir les services
Le spectacle bénéfice « Ensemble pour L’Ombre Elle », le mercredi 17 juin 2026 à 20 h au Théâtre Le Patriote, à Sainte-Agathe-des-Monts, vise avant tout à préserver les services déjà en place.
« Le besoin est reconnu, mais pas à la hauteur du besoin », résume Luisa De la Cruz.
Pour vous procurer des billets, visitez le site du Théâtre Le Patriote.

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