Depuis plus de 30 ans, ce milieu de vie lutte contre l’isolement social et économique en créant un espace où chacun peut se sentir reconnu.
Responsable des activités et des communications, Pascale Cléroux résume simplement la mission de l’organisme : « Briser l’isolement et favoriser le mieux-être des personnes en situation de vulnérabilité », explique-t-elle.
Pour y parvenir, l’Entre-Gens mise sur l’accessibilité. Le café est offert à un dollar, le cappuccino à trois dollars et trois dîners par semaine sont servis à prix modique. « On ne veut pas que le facteur économique soit un frein à briser l’isolement », souligne Pascale Cléroux.
L’aménagement même du café favorise les échanges. Les grandes tables communes invitent les gens à discuter et à créer des liens. « Tu arrives ici, tu es appelé par ton prénom. Tu existes, tu es quelqu’un, tu es vu », résume-t-elle.
Cette approche humaine fait toute la différence.
Un lieu ouvert à tous
La clientèle du café est variée : aînés, personnes en situation d’itinérance, travailleurs, retraités, personnes seules ou nouveaux arrivants dans la région.
Employée depuis six ans, Stéphanie Crevier constate quotidiennement l’importance de ce contact humain. « On accueille, on écoute, on réfère au besoin », dit-elle.
À l’entrée, les employés orientent les personnes vers les ressources appropriées lorsque nécessaire. « On fait beaucoup de soutien. Si quelqu’un vit des problèmes de toxicomanie, on le réfère aux bons organismes », ajoute-t-elle.
Les repas préparés grâce aux dons de Moisson Laurentides et du Garde-Manger des Pays-d’en-Haut deviennent aussi des occasions de rencontre. Autour d’une assiette chaude, les conversations s’engagent naturellement et les liens se développent.

Des liens qui changent des parcours
Pour plusieurs habitués, l’Entre-Gens représente bien davantage qu’un simple café communautaire.
Paul André le fréquente une à deux fois par semaine. « C’est convivial, c’est familial. Tout le monde te connaît. Tout le monde te voit », raconte-t-il.
De retour d’un voyage de trois semaines en Asie, il affirme avoir eu hâte de retrouver « son monde ». Pour lui, le café constitue un véritable point d’ancrage. « Il y a des aînés, des personnes en situation d’itinérance… tout le monde se sent chez eux ici. »
Pascale Cléroux souligne d’ailleurs que cette proximité permet souvent d’identifier rapidement des besoins plus importants.
Des bénévoles essentiels
Le fonctionnement de l’Entre-Gens repose aussi sur l’implication d’une centaine de bénévoles. Ils participent au service aux tables, à la cuisine, à l’entretien du jardin, aux activités et au fonctionnement des bazars.
« C’est grâce à eux qu’on existe. On ne pourrait jamais tout faire sans eux », insiste Pascale Cléroux.
« C’est super agréable… autant les bénévoles que les personnes qui viennent en profiter », dit Jocelyne Charbonneau, bénévole depuis trois ans. « Voir du monde. Ça me permet de socialiser. »
Deux bazars pour soutenir l’organisme
L’Entre-Gens finance une partie de ses activités grâce à deux bazars : le Marchand de Bonheur, sur la rue Valiquette, et le Bazar des Gens d’en Haut, sur le boulevard Sainte-Adèle.
On y trouve vêtements, accessoires, articles de cuisine et objets de maison vendus à bas prix. Le tri des dons est effectué avec soin. « Chaque item est regardé. Est-ce que c’est en bon état ? Est-ce que je le donnerais à un ami ? », explique Pascale Cléroux.
« On ne jette rien… tout est recyclé ou réutilisé », souligne Stéphanie Crevier.
Un lieu où l’on existe
Au fil des années, Stéphanie Crevier a vu plusieurs personnes reprendre pied grâce au café. « C’est ma paye… de voir des gens évoluer et créer des liens », dit-elle.
Certains usagers en situation d’itinérance y ont trouvé un premier point d’ancrage avant d’être dirigés vers des ressources mieux adaptées. D’autres y ont simplement retrouvé une présence humaine et un sentiment d’appartenance.
Au Café communautaire l’Entre-Gens, on ne vient pas seulement pour boire un café ou manger un repas. On vient pour être reconnu, retrouver un visage familier et sentir qu’on a sa place.

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