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Sainte-Agathe-des-Monts – La Hutte veut offrir un ancrage durable

Photo Marie Pier Lafleur La Hutte Sainte-Agathe-des-Monts

Un ancrage contre l’itinérance invisible

Sainte-Agathe-des-Monts – La Hutte veut offrir un ancrage durable

Publié le 14/05/2026

Quarante places d’hébergement, dont 12 studios pour jeunes adultes : La Hutte ouvrira ses portes à Sainte-Agathe-des-Monts à l’été 2027.

Le projet, annoncé lors d’une conférence de presse le 4 mai, répond à une montée de l’itinérance dans le nord des Laurentides, ou des personnes de tous âges et milieux se retrouvent en situation de rupture.

Bâti autour d’une collaboration régionale rare entre municipalités, CISSS, organismes communautaires et services policiers, le projet vise à offrir stabilité, dignité et soutien à des personnes qui n’ont plus de repère fixe.

Un projet centré sur l’humain

Pour la ministre France-Élaine Duranceau, l’enjeu dépasse la construction d’une ressource.

C’est un lieu d’accueil, un lieu de transition, un lieu de reconstruction pour permettre aux gens qui ont besoin d’accompagnement, de bien commencer ou de bien reprendre leur vie, souligne-t-elle.

François Savoie, directeur général des Huttes, insiste sur la réalité psychologique des personnes en situation d’itinérance, souvent marquée par l’urgence constante.

Quand on vit en situation de grande vulnérabilité, la capacité de se projeter est constamment arrêtée par la réalité dans laquelle on est, dit-il. Il faut réactualiser le rêve.

Selon lui, un milieu de vie stable permet de retrouver un rythme, de renouer avec un rôle social et de reprendre contact avec ses propres capacités.

Une maison d’hébergement, ce n’est pas juste un lieu pour revenir, c’est un lieu pour redonner du sens, ajoute-t-il.

Table de conférence de presse sur le projet La Hutte à Sainte-Agathe, écran de présentation et panélistes en rangée
Photo Marie Pier Lafleur – Frédéric Broué, maire de Sainte-Agathe-des-Monts, Chantal Jeannotte, Députée de Labelle, nommée au Conseil des régions, Kimberly Meyer, préfète suppléante de la MRC des Laurentides, la ministre France-Élaine Duranceau, Députée de Bertrand, François Savoie, directeur général des Huttes et Julie Delaney, PDG du CISSS des Laurentides lors de la conférence de presse tenue le 4 mai à Sainte-Agathe-des-Monts.

Un ancrage essentiel pour le territoire

Kimberly Meyer, préfète suppléante de la MRC des Laurentides, rappelle que l’itinérance n’est pas un phénomène abstrait.

L’itinérance a un visage, une histoire, souvent marqué par des parcours difficiles, dit-elle. La future Hutte deviendra un point d’ancrage, un espace de répit et un tremplin pour les personnes en transition.

Le portrait des besoins locaux est concret : jeunes sortant des centres jeunesse, personnes âgées perdant leur logement, travailleurs précaires ou personnes en rupture familiale.

Selon François Savoie, la proximité est essentielle : déplacer les personnes vers d’autres villes peut accentuer leur insécurité et couper les liens avec leur travailleur social ou leurs repères.

Rendu architectural coloré de La Hutte Centre d'hébergement à Sainte-Agathe, bâtiment moderne en bois sombre et métal
Photo La Hutte – La future Hutte de Sainte-Agathe-des-Monts qui devrait ouvrir ses portes à l’été 2027.

Une mobilisation régionale

Julie Delaney, PDG du CISSS des Laurentides, souligne que les besoins se manifestent avec une intensité nouvelle.

L’itinérance est un enjeu collectif, social, complexe, précise-t-elle. La future Hutte s’inscrit dans un continuum de services essentiel.

Le maire de Sainte-Agathe-des-Monts, Frédéric Broué, insiste sur le travail déjà accompli par les organismes du milieu.

Il y a déjà plusieurs organismes qui soutiennent la cause à Sainte-Agathe et ils le font très bien. La Hutte sera simplement un bel ajout pour notre région, affirme-t-il.

Un milieu de vie pensé pour reconstruire des trajectoires

La future Hutte offrira 40 places d’hébergement, dont 12 studios pour jeunes adultes, dans des espaces lumineux et contemporains pensés pour favoriser le bien-être. Pour les jeunes sortant des centres jeunesse, les studios permettront d’éviter un passage à la rue.

On veut offrir un environnement chaleureux où les gens peuvent se déposer pour repartir correctement, dit François Savoie.