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Une pétition pour secouer l’imputabilité judiciaire

Photo Marie Pier Lafleur – Nancy Boucher milite pour renforcer l’imputabilité dans le système judiciaire grâce à une pétition déposée à l’Assemblée nationale en collaboration avec la députée Ruba Ghazal.

Une pétition pour secouer l’imputabilité judiciaire

Publié le 20/03/2026

Nancy Boucher, survivante de violence conjugale, ex-conjointe de Jonathan Blanchet accusé du féminicide de Gaby Renaud,  a lancé une pétition à l’Assemblée nationale afin de renforcer l’imputabilité dans le système judiciaire et mieux protéger les femmes victimes de violence conjugale.

Depuis 2021, Nancy Boucher s’implique publiquement pour dénoncer les réalités de la violence conjugale. Survivante elle-même, elle a choisi de transformer son expérience en engagement citoyen. Elle a témoigné dans les médias, participé à des événements publics et pris la parole à deux reprises à l’Assemblée nationale.

Son objectif demeure le même : améliorer la sécurité des femmes et renforcer la confiance envers les institutions. Selon elle, plusieurs victimes hésitent encore à demander de l’aide, craignant que les mécanismes de protection ne soient pas suffisants ou que les décisions judiciaires ne tiennent pas compte de la réalité des femmes.

Une pétition portée à l’Assemblée nationale

Nancy Boucher a récemment déposé une pétition officielle sur le site du Parlement du Québec. Le document sera présenté à l’Assemblée nationale par Ruba Ghazal, députée de Mercier et porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de féminisme.

La pétition demande que l’ensemble des acteurs du système judiciaire, du policier au juge, soient imputables de leurs décisions. Selon Nancy Boucher, un suivi plus rigoureux et une évaluation plus complète des situations pourraient prévenir des récidives et réduire les risques pour les victimes. Elle souhaite que les décisions prises à chaque étape du processus tiennent compte des antécédents, des comportements violents et des risques associés.

Lors d’une allocution dans les Laurentides, Ruba Ghazal a rappelé que la lutte contre la violence conjugale exige plusieurs actions simultanées. Elle a souligné le manque de places en maisons d’hébergement et l’importance d’investir dans ces ressources.

« Je porte une pétition à la demande de Nancy pour que les gens dans le système soient imputables de leurs décisions », mentionne la députée. Selon elle, l’imputabilité doit être considérée comme un élément essentiel de la prévention, au même titre que le financement des ressources et l’éducation.

Imputabilité et récidive au cœur des demandes

La pétition aborde aussi la question des délinquants dangereux et des délinquants à contrôler. Nancy Boucher souhaite que les mécanismes prévus au Code criminel soient appliqués de manière plus systématique lorsque les comportements violents se répètent.

Elle rappelle que certaines victimes hésitent à porter plainte, craignant que les conditions imposées ne soient pas respectées ou que les conséquences soient insuffisantes.

« On sait que ce n’est pas facile de sortir de cet engrenage-là », dit-elle. Pour elle, la prévention passe par des décisions judiciaires cohérentes, un encadrement plus strict des récidivistes et une meilleure coordination entre les différents acteurs du système.

« Ici pour elle » : un espace sécuritaire

En parallèle à ses démarches politiques, Nancy Boucher a créé la page Facebook « Ici pour elle ». Ce groupe privé, réservé aux femmes, permet d’échanger en toute sécurité sur les enjeux liés à la violence conjugale. Plusieurs survivantes y partagent leur expérience, et des professionnelles ayant elles-mêmes vécu de la violence y contribuent également.

L’objectif est d’offrir un lieu sans jugement où les femmes peuvent poser des questions, demander des conseils et trouver du soutien. Pour Nancy Boucher, cet espace répond à un besoin réel d’entraide et de solidarité, particulièrement pour celles qui hésitent à entreprendre des démarches formelles ou qui se sentent isolées.

Avec sa pétition et la création de « Ici pour elle », Nancy Boucher agit à la fois sur le plan politique et communautaire. Elle souhaite contribuer à des changements durables dans le système judiciaire tout en offrant un soutien concret aux femmes qui cherchent à se protéger.

La pétition peut être signée jusqu’au 25 mai 2026. Au moment d’écrire ces lignes, elle comptait 4187 signatures.