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À Saint-Jérôme, la démocratie commence en ville

Photo Phoeby Laplante – Jonathan Durand-Folco, essayiste et chercheur, a été invité par le Mouvement jérômien dans le but de donner une conférence sur le thème de la démocratie directe.

À Saint-Jérôme, la démocratie commence en ville

Publié le 09/03/2026

Le 24 février, le Parti Mouvement Jérômien conviait ses membres et la population à la salle André-Surprenant du Cégep de Saint-Jérôme, pour une conférence sur la démocratie directe.

La soirée mettait en vedette le chercheur Jonathan Durand-Folco, autour d’un thème central : redonner du pouvoir citoyen à l’échelle municipale.

« Les villes sont au cœur des défis sociaux et climatiques », ont rappelé les organisateurs en ouverture. « Pour arriver à construire un vivre-ensemble, nous devons réaliser une grande conversation démocratique. »

Le chef du parti et maire de Saint-Jérôme, Rémi Barbeau, a insisté sur l’importance de l’engagement local, qui est surtout, selon lui, une question de choix.

« La politique municipale, ça [s’inscrit] bien dans cette démarche, dit M. Barbeau. On veut faire un travail de vulgarisation, montrer le pouvoir des villes et ce qui peut réellement avancer. Dans la politique municipale, on peut faire changer les choses et on a des impacts concrets sur la population ».

Un spécialiste de la démocratie participative

Chercheur et auteur québécois, Jonathan Durand-Folco est professeur agrégé à l’École d’innovation sociale Élisabeth-Bruyère de l’Université Saint-Paul. Il est notamment l’auteur des ouvrages À nous la ville! et Réinventer la démocratie : de la participation à l’intelligence collective. Ses recherches portent sur la démocratie participative, la politique municipale, les communs et la transition écologique.

« La démocratie, c’est le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple. Le peuple doit avoir la capacité non pas uniquement de voter, mais de s’autogouverner, a-t-il affirmé. Si on confie la politique à d’autres et qu’on ne s’en mêle plus du tout, ça ne sera plus la démocratie. Ça va être une forme d’oligarchie. »

Le conférencier évoque une crise démocratique marquée par le cynisme et la perte de confiance. Il met également en garde contre la désinformation amplifiée par les réseaux sociaux. « Les sujets qui polarisent génèrent beaucoup d’engagement, soutient-il. La désinformation circule plus vite que l’information. On peut déjà agir en limitant la désinformation par l’engagement à notre échelle, dans nos villes, dans nos milieux de vie. »

Des pistes concrètes pour les villes

Des budgets participatifs, des assemblées citoyennes ou encore la décentralisation des décisions : Jonathan Durand-Folco présente ces actions comme un plaidoyer pour une démocratie plus active. « Les budgets participatifs, c’est une forme de démocratie directe pour une partie du budget municipal, dit-il. Mais il faut que ça vienne aussi de la base. Si c’est trop centralisé, ça ne fonctionnera pas. Il faut redonner un sentiment d’appartenance. »

En invitant la population à cette discussion, le parti espère justement amorcer cette « grande conversation démocratique » à l’échelle locale, convaincu que les transformations sociales et climatiques passeront d’abord par les villes.