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Avenir Saint-Jérôme dénonce de multiples irrégularités

Photo : Courtoisie –

Avenir Saint-Jérôme évalue actuellement le dépôt d’une plainte au Directeur général des élections du Québec (DGEQ).

Avenir Saint-Jérôme dénonce de multiples irrégularités

Publié le 27/11/2025

Le parti Avenir Saint-Jérôme a obtenu un recomptage judiciaire le 17 novembre 2025 pour le district 11, invoquant de graves irrégularités.

Le décompte a confirmé Simon Marcil du Mouvement jérômien au poste de conseiller, lui attribuant 1087 voix contre 1073 voix pour Kim Nunès d’Avenir Saint-Jérôme.

Ces résultats confirment ceux publiés le 2 novembre 2025 par Élections Québec dans le district où s’affrontaient les candidats Kim Nunès d’Avenir Saint-Jérôme, Simon Marcil du Mouvement jérômien et le candidat indépendant Nicolas David Herrera. 

Un juge a procédé à un nouveau dépouillement du scrutin et un nouveau recensement des votes issus des élections du 2 novembre 2025, conformément à la demande de Kim Nunès, invoquant les articles 262 et suivants de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités. Madame Nunès invoquait que des irrégularités s’étant produites lors du dépouillement du scrutin pourraient modifier le résultat final de l’élection.

Des irrégularités dans le district 11

Les résultats montrent un écart de 14 votes entre les deux principaux candidats et 52 bulletins rejetés. Par ailleurs, le bureau 129 affichait sept bulletins non déposés dans l’urne, un nombre jugé « anormalement élevé » puisque dans les autres bureaux, ce nombre ne dépassait jamais deux.

De plus, les représentants de Mme Nunès n’ont pas pu obtenir les relevés de dépouillement des bureaux 134 et 135 le soir du scrutin. « Ni les candidats ni leurs représentants n’ont été invités à constater l’ouverture des urnes ». Ces documents n’ont été transmis que deux jours plus tard, soit le 4 novembre.

Un jugement rendu par la Cour du Québec en date du 13 novembre 2025 a ordonné un nouveau dépouillement pour le district 11 et a assigné la présidente d’élection, Marie-Josée Larocque, à comparaître le 17 novembre 2025 au Palais de justice de Saint-Jérôme, lui ordonnant d’apporter les urnes du district 11 avec leur contenu ainsi que les relevés de dépouillement.

Le juge a souligné que les articles 238 et 240 de la Loi stipulent que « le scrutateur doit dresser le relevé du dépouillement » et « remets immédiatement un exemplaire du relevé du dépouillement à chaque représentant affecté au bureau de vote ».

« Ces articles sont au cœur du processus électoral. Une contravention à ces principes peut entacher les résultats et faire craindre à des irrégularités », précise-t-il, citant la jurisprudence qui qualifie ce manquement d’« élément très sérieux ».

Des anomalies

À l’école l’Étincelle à Bellefeuille, lors du vote par anticipation, plusieurs électeurs n’ont reçu que le bulletin du conseiller au lieu des deux bulletins prévus, soit celui du maire ainsi que celui du conseiller, soulève Nancy Demers, ancienne directrice de campagne d’Avenir Saint-Jérôme. Des courriels échangés entre Mme Demers et la présidente des élections Marie-Josée Larocque démontrent que Mme Larocque a reconnu la situation et a indiqué avoir consulté Élections Québec pour y remédier. « Le PRIMO de l’école l’Étincelle sera avisé qu’il est possible que des gens se présentent à son endroit de votation en mentionnant ne pas avoir voté pour le poste de maire au BVA », a écrit la présidente des élections.

Elle ajoute qu’une note serait mise au registre du scrutin, précisant que « lors du dépouillement, c’est certain que la table ne balancera pas ». Les électeurs concernés devaient faire une déclaration assermentée avant d’exercer leur droit de vote.

Mme Larocque affirme dans ce courriel que « tout le personnel électoral avait été formé avec rigueur », se désolant de la situation.

Pas de contestation

Avenir Saint-Jérôme ne contestera pas les élections dans le district 11 et ailleurs, affirmant ne pas souhaiter relancer un tel processus. « On n’a pas voulu aller là, parce que sinon, ça aurait été une perte pour Saint-Jérôme […] », indique Nancy Demers.

« […] Mais, outre le fait de notre popularité, les citoyens auraient payé en double pour, au final, probablement le même résultat », estime Mme Demers, soulignant que « des éléments nous portaient à croire qu’on aurait pu y aller, puis on a décidé de ne pas y aller. »

Le parti évalue actuellement le dépôt d’une plainte au Directeur général des élections du Québec (DGEQ).

Le chef du parti Mouvement jérômien, le nouveau maire Rémi Barbeau et la directrice des élections pour la ville de Saint-Jérôme, Marie-Josée Larocque, ont décliné tout commentaire. Toutefois, le Service des communications et des relations avec les citoyens précise : « Considérant que la présidente d’élection a pris toutes les mesures nécessaires pour que le processus électoral se déroule correctement, et qu’elle a pris acte du résultat du dépouillement judiciaire qui a eu lieu lundi, lequel confirme le résultat de l’élection, Mme Larocque ainsi que le maire Rémi Barbeau ne souhaitent pas accorder d’entrevue sur le sujet ».