Pour une troisième année, la coopérative proposait cette rencontre d’information destinée au public. Selon son directeur général, Martin Filion, les demandes ne cessent d’augmenter. « On a beaucoup de demandes, on a beaucoup de questionnements par rapport à cette aide avec la clientèle, de plus en plus », souligne-t-il.
Gratuite et ouverte aux citoyens de Saint-Jérôme, l’activité misait cette fois sur une formule renouvelée, sous forme d’entrevue animée plutôt qu’une présentation traditionnelle, afin de répondre plus directement aux préoccupations du public.
Un partenariat avec Pallia-Vie
Organisée en collaboration avec Pallia-Vie, la conférence accueillait le Dr Charles-Matthieu Grégoire, directeur médical de la Maison des soins palliatifs de Pallia-Vie, à titre d’expert invité. L’animation était assurée par Suzy Prénovost, qui relayait les questions reçues à l’avance par courriel ainsi que celles posées en salle.
Prévue pour une heure, la période d’échanges s’est prolongée à une heure trente en raison du grand nombre de questions. Les discussions ont notamment porté sur les critères d’admissibilité, les étapes du processus et les réalités entourant l’aide médicale à mourir.
Les critères d’accès figurent parmi les interrogations les plus fréquentes. « Qui a droit à l’aide médicale à mourir ? Est-ce que M. ou Mme Tout-le-Monde ? », rapporte Martin Filion. Le Dr Grégoire a rappelé que la loi exige un diagnostic de maladie incurable ou dégénérative entraînant des souffrances jugées intolérables. Le processus comprend trois rencontres d’une heure avec un médecin, suivies d’une validation par un second médecin.
La coopérative, pour sa part, n’intervient pas dans l’administration de l’aide médicale à mourir. Son rôle débute après le décès, notamment pour le rapatriement de la dépouille et l’accompagnement administratif. « Souvent, ils viennent nous voir et c’est déjà tout arrangé avec le médecin », précise M. Filion.
L’aide médicale à mourir anticipée, ajoutée à la loi en octobre 2025, a également suscité un vif intérêt. Elle permet à une personne ayant reçu un diagnostic de maladie dégénérative, comme l’Alzheimer, de consigner sa volonté pendant qu’elle possède encore toutes ses capacités.

La demande doit être remplie avec un médecin et déposée au dossier santé, et ne peut être faite sans diagnostic préalable. « Une fois qu’on arrive à ce spectre-là, les deux médecins arrivent à la même conclusion que, même si la personne n’a plus sa tête, on peut procéder parce qu’elle avait mentionné les points établis », explique M. Filion.
Les participants ont aussi cherché à savoir quand déposer une telle demande. Dès qu’un diagnostic est posé, aucune limite de temps ne s’applique : la personne peut consigner ses volontés immédiatement ou attendre plusieurs mois.
Martin Filion a également évoqué la réalité vécue par les équipes funéraires lors de ces interventions. Selon lui, ces moments sont souvent empreints d’une grande humanité. « 95 % du temps, c’est vraiment un moment privilégié », affirme-t-il.
Il décrit des scènes où les proches partagent un dernier moment de convivialité avant de vivre un instant plus intime. La coopérative est parfois appelée à intervenir rapidement lorsque la famille souhaite une prise en charge immédiate de la dépouille. « On passe par les larmes, puis on passe par la joie », résume-t-il.
La conférence s’est conclue par une prestation musicale d’un groupe local dirigé par Stéphane Ménard et Tracy McNeil, le duo Timeless, une façon d’alléger un sujet délicat tout en favorisant les échanges. L’intérêt du public confirme la pertinence de l’événement, appelé à revenir pour une quatrième édition au printemps 2027.
« Parlez-en à vos proches, c’est primordial », a rappelé le Dr Grégoire. Pour la coopérative, cette mission d’information demeure essentielle alors que les demandes d’aide médicale à mourir continuent d’augmenter au Québec.

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Coopérative Funéraire des Laurentides