Trois « die-in » simultanés ont été organisés dans les Laurentides dans le cadre du mouvement « Le communautaire à boutte ». Les actions se sont tenues à Sainte-Thérèse, devant le bureau du ministre Éric Girard, à Sainte-Agathe-des-Monts, devant celui de la ministre France-Élaine Duranceau, et à Prévost, devant le bureau de la ministre Sonia Bélanger.
Par cette mobilisation, les organismes souhaitaient rappeler l’ampleur du sous-financement et obtenir un engagement clair des élus pour ouvrir un véritable espace de discussion.
À Prévost, l’action a bénéficié d’une forte visibilité en raison de l’achalandage matinal de la route 117.
Une centaine de personnes mobilisées malgré le froid
Bon nombre de travailleurs se sont rassemblés le long de la 117, pancartes à la main. Les slogans, dont « À boutte ! Le communautaire refuse de se taire », ont rythmé l’action.
L’ambiance est demeurée calme, mais déterminée. Les manifestants ont cherché à capter l’attention des automobilistes, qui ont répondu en grand nombre par des coups de klaxon, un appui jugé encourageant.
Pour les organisateurs, cette visibilité est essentielle pour rappeler le rôle central des organismes communautaires et les difficultés croissantes auxquelles ils font face.

Une demande précise : une table de négociation
Au cœur de la mobilisation, une revendication claire : l’ouverture de pourparlers formels avec le gouvernement.
« On veut vraiment une table de négociation, on veut qu’il y ait des pourparlers réels entre les représentants des organismes communautaires et le gouvernement », affirme Stéphanie Gossiran, agente de liaison au Regroupement des organismes communautaires des Laurentides (ROCEL).
Elle souligne que la participation à Prévost a dépassé les attentes. « On ne s’attendait pas à autant de personnes, à peu près 100 », ajoute-t-elle.
Un réseau fragilisé par des années de sous-financement
Les revendications ne sont pas nouvelles. Pour plusieurs organismes, la grève du 23 mars au 2 avril constitue un geste exceptionnel, rendu nécessaire par un financement insuffisant.
« Ça fait des décennies qu’on dit au gouvernement qu’on a besoin d’un financement à la mission », rappelle Sophie Gilbert, responsable du développement au Réseau des femmes des Laurentides.
Elle décrit un réseau sous pression, où les équipes s’épuisent. « On tombe à bout », dit-elle, évoquant la précarité salariale et la lourdeur du financement par projet.
Sophie Gilbert souligne aussi que « plus de 80 % des travailleuses du communautaire sont des femmes, souvent sous-payées malgré la nature essentielle de leur travail. Comme si c’est correct pour les femmes d’être sous-payées. Puis nous, on n’est pas d’accord avec ça, on est rendu en 2026 et il faut que ça change. »
Plusieurs services sont d’ailleurs suspendus pendant la grève, une décision difficile pour un milieu axé sur la proximité et l’accompagnement.
Rendre visible l’essentiel
Au-delà de la pression politique, les manifestants veulent faire reconnaître l’importance de leur travail.
« J’espère que ça va avoir l’impact de nous rendre visibles et de démontrer que ce qu’on fait est ultra important », affirme Stéphanie Gossiran.
Elle rappelle que les personnes en difficulté peuvent se tourner vers les services publics en appelant au 811 pendant la grève. « La responsabilité populationnelle n’est pas seulement sur le dos des organismes communautaires », souligne-t-elle.
Les actions doivent se poursuivre jusqu’au 2 avril, alors que le mouvement espère obtenir un engagement formel du gouvernement pour amorcer des négociations.

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