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La Couronne Nord met l’accélérateur sur le transport

Photo Courtoisie – Les maires, mairesses et préfets de la Couronne Nord se sont réunis pour présenter le Pacte pour la mobilité.

La Couronne Nord met l’accélérateur sur le transport

Publié le 11/09/2026

À la veille de la campagne électorale, 21 municipalités unissent leur voix pour réclamer un réseau mieux adapté aux déplacements entre les villes.

Le prochain gouvernement du Québec devra revoir sa façon de penser le transport collectif sur la Couronne Nord, réclament 21 maires et mairesses de la région. Réunis autour d’un Pacte pour la mobilité sur la Couronne Nord, les élus veulent faire de la mobilité un enjeu incontournable de la prochaine campagne électorale.

Trois déplacements sur quatre effectués à partir de la Couronne Nord auraient aujourd’hui pour destination une autre municipalité de la Couronne Nord, selon les données mises de l’avant par les élus. Pourtant, l’organisation du transport demeure largement orientée vers les déplacements nord-sud, notamment en direction de Montréal.

Le Pacte pour la mobilité rassemble les 21 municipalités autour de six grandes demandes : reconnaître l’évolution des habitudes de déplacement, développer les services existants, considérer le transport collectif comme un investissement, donner davantage de voix aux municipalités dans les décisions, prioriser les liens est-ouest et revoir le modèle de financement.

Pour Mathieu Traversy, maire de Terrebonne, le transport collectif représente bien davantage qu’un service de déplacement.

« Le transport collectif est un levier économique majeur, écrit-il sur ses réseaux sociaux. Encore faut-il investir pour améliorer l’offre et rendre le service plus attractif pour nos citoyens. »

Dans une rue bordée d’arbres, un groupe pose devant un autobus turquoise affichant une campagne sur le transport collectif
Photo Courtoisie – Beaucoup d’attentes sont exprimées par les maires et mairesses, qui souhaitent un meilleur financement pour le transport en commun.

« Le prochain gouvernement ne doit pas manquer l’autobus »

Le pacte survient à l’aube d’une campagne électorale durant laquelle les élus municipaux souhaitent obtenir des engagements précis des formations politiques.

Pour les municipalités signataires, l’enjeu est notamment de sortir d’une logique où les déplacements sont principalement conçus pour relier les banlieues à Montréal, sans liaison est-ouest qui permettrait de faciliter les déplacements entre les villes, les établissements scolaires, les pôles d’emploi et les services.

Dans une déclaration publiée sur ses réseaux sociaux, le maire de Saint-Jérôme, Rémi Barbeau, explique avoir accepté l’invitation de ses collègues en raison des liens directs entre Saint-Jérôme et le réseau de la Couronne Nord.

« Notre transport collectif ne suit pas notre croissance », soutient-il.

Selon lui, la Couronne Nord a connu une croissance démographique importante au cours des dernières années alors que l’offre de transport collectif n’a pas progressé au même rythme. Il rappelle qu’Exo réduira son budget au cours des prochaines années pour réaliser d’importantes économies. Ces compressions risquent d’avoir des conséquences directes sur l’offre de service.

« Exo le dit elle-même, ça ne se fera pas sans toucher au service », dit-il.

Il explique que le mécanisme de financement fait en sorte qu’une partie des coûts finit par être assumée par les municipalités.

Des déplacements de plusieurs heures entre deux villes

Le problème est particulièrement visible lorsqu’il faut se déplacer d’une municipalité à une autre sans passer par Montréal. Les déplacements entre Saint-Jérôme, Saint-Eustache, Terrebonne, Mirabel et les autres pôles de la région constituent notamment des exemples où l’offre actuelle demeure insuffisante, certains trajets pouvant prendre plusieurs heures en transport collectif.

Cette situation rend l’automobile difficile à remplacer, même pour les citoyens qui souhaiteraient délaisser leur voiture.

Pour les élus, il ne s’agit donc pas simplement d’inciter la population à prendre davantage l’autobus ou le train : encore faut-il que le service constitue une solution réellement concurrentielle.

« D’ici 2040, 800 000 personnes de plus vont vivre sur la Couronne Nord. Si on n’investit pas maintenant, tout le monde reste pris dans le trafic », écrivait Rémi Barbeau, maire de Saint-Jérôme.

M. Barbeau estime que l’absence d’investissements suffisants risque également d’alourdir la facture collective, en raison des pertes de temps, des impacts économiques et des coûts associés à la congestion.

Les routes demeurent l’autre volet de la mobilité

Pour les élus, la réflexion sur la mobilité régionale ne se limite pas au transport collectif. L’état des infrastructures routières soulève également des inquiétudes dans plusieurs municipalités des Laurentides.

À Sainte-Adèle, la mairesse Nadine Brière a récemment dénoncé les conséquences d’une fermeture autoroutière ayant redirigé des milliers de véhicules vers le réseau local.

Selon elle, plus de 2 000 véhicules auraient été détournés dans les rues de la municipalité au cours d’une même après-midi.

« Des automobilistes sont restés coincés pendant plus de deux heures », soutient-elle.

La mairesse considère que les problèmes d’entretien des infrastructures et ceux liés au transport collectif doivent être abordés dans une même réflexion sur la mobilité régionale.

Elle réclame notamment un meilleur entretien de l’autoroute 15, qu’elle décrit comme « la colonne vertébrale de notre région ».

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