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L’avenir de Santé Québec divise dans les Laurentides

Photo Phoeby Laplante – La promesse du Parti québécois d’abolir Santé Québec suscite des réactions partagées dans les Laurentides.

L’avenir de Santé Québec divise dans les Laurentides

Publié le 17/09/2026

La promesse du Parti québécois d’abolir Santé Québec divise les intervenants rencontrés dans les Laurentides.

Alors que le PQ souhaite alléger la bureaucratie et décentraliser le réseau, la CAQ défend la structure et les libéraux préfèrent la corriger plutôt que de repartir à zéro. Dans le milieu communautaire, les réserves portent surtout sur les conséquences d’une nouvelle réorganisation.

Pour le PQ, la société d’État est devenue une structure bureaucratique supplémentaire qui éloigne les décisions du terrain. D’autres intervenants, sans défendre nécessairement le fonctionnement actuel, estiment toutefois qu’une nouvelle abolition pourrait elle-même créer de l’incertitude.

Santé Québec : un « mastodonte bureaucratique »

Anne Nguyen, candidate péquiste dans Prévost, qui possède de l’expérience dans l’administration numérique du réseau de la santé, défend clairement l’intention de son parti. Selon elle, l’abolition de Santé Québec s’inscrit dans une volonté plus large de décentraliser les pouvoirs.

« Depuis le départ, le Parti québécois a tout le temps été dans la décentralisation du pouvoir, affirme-t-elle. Je comprends les organismes communautaires de sentir qu’on enlève une table de concertation, mais en fait, on enlève plutôt une couche de bureaucratie. »

Pour la candidate, Santé Québec serait ainsi devenue un « mastodonte bureaucratique » plutôt qu’un outil permettant d’améliorer l’agilité du réseau. L’abolition de Santé Québec fait partie d’une réflexion plus vaste sur la taille et l’efficacité de l’État, notamment sur l’utilisation de l’intelligence artificielle, qui pourrait, d’après la candidate, permettre de réduire certaines tâches administratives et de redonner du temps aux travailleurs.

« L’approche que j’ai toujours eue avec la technologie, c’est la technologie au service de l’humain. C’est-à-dire libérer l’humain », explique-t-elle.

Abolir ou corriger la structure?

La proposition du Parti québécois ne fait toutefois pas l’unanimité chez ses adversaires politiques.

Sonia Bélanger, ministre de la Santé sortante et députée sortante de Prévost, estime que le débat sur la structure ne doit toutefois pas faire oublier les objectifs qui ont mené à sa création.

« Il faut bien connaître le système de santé et des services sociaux au Québec avant de se positionner sur les structures, affirme-t-elle. Depuis près de 20 à 25 ans, les ministres, autant du Parti libéral que du Parti québécois, proposaient de séparer le ministère de la gestion des opérations et de conserver au ministère de la Santé et des Services sociaux des fonctions plus d’orientation, plus stratégiques. »

Le Parti libéral du Québec adopte une position plus nuancée. Sébastien Daoust, candidat libéral dans Blainville, affirme que son parti ne prévoit pas, à ce stade-ci, d’abolir Santé Québec.

« Je pense que le chef [Charles Milliard] a déjà mentionné qu’il ne serait pas très patient avec Santé Québec, mais qu’il n’envisageait pas son abolition à ce moment-là, prévient-il. Il veut regarder comment on peut faire fonctionner cette structure-là, d’arrêter de jouer justement avec cette structure. »

Pour le candidat, le problème ne se limite pas à l’existence même de Santé Québec, mais touche plus largement la bureaucratie et la multiplication des processus dans le réseau.

Des inquiétudes dans le milieu communautaire

Des critiques sont également formulées au sein des organismes communautaires et des associations médicales, sans que ceux-ci souhaitent nécessairement l’abolition complète de la structure.

Benoit Larocque, coordonnateur du Regroupement des organismes communautaires des Laurentides, s’interroge sur les conséquences que pourrait entraîner l’abolition d’une structure administrative complète.

« Sur la déclaration de Paul St-Pierre Plamondon d’éliminer 16 000 fonctionnaires, au sein de l’État, je suis assez dubitatif, exprime-t-il. Quand il y a des coupes dans la fonction publique, cela retombe généralement sur une élimination de postes qui affectera les relations entre le milieu communautaire et le gouvernement, et donc sur les services donnés. »

Une situation que craint également le CALACS L’Ancrage. L’organisme communautaire se préoccupe davantage de la capacité du réseau public à répondre aux besoins des personnes qu’il accompagne.

Les intervenantes rencontrées soulignent notamment que l’abolition d’une structure soulève nécessairement des questions sur les personnes et les services qui en dépendent. Pour l’organisme, l’enjeu principal demeure que le réseau public assume ses responsabilités, notamment en matière de santé physique et psychologique.

« Que le système public fasse le travail qu’il a à faire, offre les services qu’il a à offrir, et puis on veut pouvoir, nous, remplir notre mission », résume une représentante du CALACS.

Les intervenantes soulignent également que leur expérience avec Santé Québec n’est pas nécessairement celle d’un partenariat étroit. Elles observent plutôt une tendance à référer les personnes vers les organismes communautaires sans toujours assurer un suivi dans le réseau public.

Questionnée sur le rôle de Santé Québec, Anne-Marie Gagnon, directrice de la Coop santé de Morin-Heights, s’est également montrée critique à l’égard de la complexité administrative du réseau de la santé, notamment quant à la distance entre les décisions prises à l’échelle du réseau et la réalité vécue sur le terrain.

Santé Québec n’a pas souhaité commenter directement la promesse du Parti québécois. L’organisation affirme toutefois avoir « réduit les dédoublements dans les établissements de santé, tout en réalisant les avancées les plus importantes des cinq dernières années » et « simplifié la bureaucratie pour redonner du temps aux soins ».

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