Les activités comme le Cercle d’hommes (organisée le 5 février) et Afrique en lumière (organisée le 9 février) sont issues du projet DIPPA (Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine), mis au point par le gouvernement du Québec, en 2022. Déployée sur trois ans, cette initiative vise à reconnaître l’apport des communautés noires dans les Laurentides et à valoriser les parcours et les contributions des personnes d’ascendance africaine dans la région.
Après 35 ans d’engagement auprès des personnes immigrantes, Le Coffret rappelle avoir accompagné près de 20 000 nouveaux arrivants dans les Laurentides. Pourtant, peu de traces institutionnelles témoignent aujourd’hui des raisons de leur arrivée, de leurs trajectoires ou de leur impact culturel. « La majorité de ces personnes se sont mariées avec des Québécois, et contrairement à d’autres régions, les Laurentides comptent peu de grandes communautés immigrantes fortement structurées », explique Line Chaloux, directrice générale et fondatrice du Centre d’Orientation et de Formation pour Favoriser les Relations Ethniques Traditionnelles (COFFRET).
Célébrer une histoire encore trop peu visible
Le Mois de l’histoire des Noirs est l’occasion de revisiter une histoire longtemps restée en marge des récits officiels. Si l’esclavage a marqué l’ensemble du continent nord-américain, les recherches démontrent qu’au Canada, il a surtout concerné les populations autochtones, alors que les formes les plus violentes et organisées de la traite humaine se sont principalement développées aux États-Unis, notamment à partir de ports africains comme Dakar, au Sénégal. Toutefois, certaines traces d’esclavage noir sont relatées à partir du 17e siècle, à Québec et Ville-Marie (Montréal).
Au Québec, la présence noire s’est accrue de manière significative à partir des années 1960, avec l’arrivée de nombreux Haïtiens fuyant la dictature de Duvalier. Cette immigration a joué un rôle dans le développement du Québec moderne, notamment en répondant à la pénurie d’enseignants durant la Révolution tranquille. Dans les Laurentides, des figures marquantes comme Adrien Michel, devenu maire de Mont-Laurier en 2003, témoignent de cet enracinement dans une région nordique.
DIPPA : reconnaître, rassembler et transmettre
Porté par Le Coffret, le projet DIPPA s’articule autour de trois axes fondamentaux : la reconnaissance, l’épanouissement et la participation. Il prévoit une série de conférences pédagogiques, de capsules de sensibilisation, d’activités culturelles et la mise en valeur de figures noires ayant marqué la communauté.
En collaboration avec le Baobab RAL, un réseau d’Africains des Laurentides fondé il y a une vingtaine d’années, les activités du Mois de l’histoire des Noirs visent à créer des ponts entre les cultures. Des initiatives destinées à la jeunesse, axées sur l’identité, l’intégration et l’espoir, sont également au cœur de la programmation, incluant des activités artistiques et culturelles.
« Il y a des gens qui viennent de pays marqués par la guerre et on ne veut pas que ces réalités se reproduisent ici. Nos ateliers permettent d’expliquer clairement l’état de droit au Québec et de favoriser une meilleure intégration », souligne Line Chaloux.
Malgré la fin du cadre officiel de la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine, Line Chaloux demeure résolument tournée vers l’avenir. « L’important, c’est de créer une pérennité. Le Mois de l’histoire des Noirs est un moment fort, mais la reconnaissance doit se poursuivre toute l’année. »
Le 24 février 2026, un atelier de cuisine collective sous le thème de l’Afrique sera organisé par Le Coffret, entre 10 h et 14 h.

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