À Saint-Jérôme, l’organisme communautaire Le Coffret est monté au front pour dénoncer la décision du gouvernement du Québec qu’il qualifie d’injuste et contraire aux engagements pris envers les travailleurs étrangers temporaires et les étudiants diplômés du Québec.
Aboli le 19 novembre 2025 par le gouvernement du Québec, le PEQ a été remplacé par le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), un système basé sur des invitations et un pointage jugé plus restrictif. Pour Le Coffret, ce changement crée une rupture majeure pour des centaines de personnes déjà bien intégrées dans la région.
« Un contrat moral brisé »
Devant le conseil municipal de Saint-Jérôme, Mme Line Chaloux, directrice générale du Coffret, a livré un témoignage empreint de préoccupation face à la situation. « Nous nous sommes engagés envers ces travailleurs temporaires à leur offrir une voie vers la résidence permanente dans les 18 mois suivant leur arrivée. Beaucoup ont tout quitté pour venir s’installer parmi nous, a-t-elle déclaré. Aujourd’hui, le gouvernement ferme ce programme sans considération pour ces êtres humains ».
Selon Mme Chaloux, plusieurs immigrants occupent des postes stratégiques dans les entreprises locales, notamment dans les secteurs de la santé et des services essentiels. La fermeture du PEQ place désormais ces travailleurs dans une situation d’incertitude, alors que leurs permis arrivent à échéance.
Le Coffret craint que cette réforme entraîne le départ forcé de travailleurs essentiels à l’économie locale, fragilisant à la fois les entreprises et les services à la population.
« Sans ces personnes, on se demande ce qu’il adviendrait de certains services. Si on ne réagit pas, plusieurs devront quitter le Québec. Ce serait une perte humaine et économique majeure pour notre région », a ajouté Mme Chaloux.
L’organisme estime également que cette décision nuit à l’image du Québec comme société d’accueil respectueuse de ses engagements, au moment où d’autres provinces et pays misent sur des politiques d’immigration plus prévisibles.
Un appel à la mobilisation municipale
Dans ce contexte, Le Coffret invite la Ville de Saint-Jérôme à emboîter le pas aux villes de Québec, Montréal et Laval, qui ont déjà exprimé leur opposition à la fermeture du PEQ.
L’appel a trouvé une oreille attentive auprès du maire de Saint-Jérôme, Rémi Barbeau, qui a reconnu la pertinence de l’intervention.
« La Ville de Saint-Jérôme souhaite mettre sur pied une politique d’accueil. Cela nous amène à réfléchir au rôle que nous pouvons jouer pour soutenir les organismes, les partenaires et les citoyens concernés », a-t-il affirmé, précisant que la question serait analysée avec attention.
La Ville de Saint-Jérôme n’a pas confirmé si elle allait prendre le même positionnement en défaveur du retrait du PEQ, comme Québec, Montréal et Laval.

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