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Photo Mychel Lapointe

Le Curé Labelle: saisir la balle au bond

MATHIEU LOCAS

Je n’ai pas regardé la dernière saison de la série Les Pays d’en Haut. Elle est enregistrée; je risque donc de me taper les épisodes en rafale une bonne journée. Par contre, les médias sociaux ont abondamment parlé du dernier épisode et des scènes entourant la mort du Curé Labelle, interprété par Antoine Bertrand. Ce dernier a eu droit à des éloges pour sa prestation. L’auteur Gilles Desjardins s’est servi de Séraphin pour lui rendre hommage. Devant Mgr Fabre, l’Évêque de Montréal qui voulait interdire toutes commémorations entourant la mort du Curé Labelle, Séraphin lui a dit : «Monseigneur, dans 100 ans, ce n’est pas de vous dont ils vont parler, c’est du curé!»

Cette série, qui se terminera l’an prochain avec six nouveaux épisodes, aura permis de raviver la mémoire du Curé Antoine Labelle. Pour plusieurs, son nom ne représente qu’une circonscription électorale, une ville, une école, un boulevard, une rue ou encore un parc dans plusieurs dizaines de ville du Québec. Les livres d’histoire oublient que l’homme avait comme objectif de développer les Laurentides afin de contrer l’exode vers les États-Unis.

Ces mêmes livres ne font pas état des impacts, encore ressentis aujourd’hui, de cette exode canadienne-française vers les états du nord des États-Unis. Durant cette période, pas moins de 1 million de francophones ont plié bagage pour se trouver de l’emploi chez nos voisins du sud, touchés plus tôt que nous par la révolution industrielle. C’est pour cette raison que les familles Cartier sont devenues Carter et que des Boucher sont devenues des Bush. Oui, oui, Georges W.Bush a des racines canadiennes françaises. Sans cette exode, la population du Québec d’aujourd’hui ne serait pas de 8 millions mais quelque part entre 14 et 16 millions. Sans l’effort de peuplement du Curé Labelle, nous serions certes quelques centaines de milliers de moins au Québec.

Saint-Jérôme devrait faire un événement Curé Labelle. Pas cette année, il est trop tard, mais à l’été 2020. Un événement pour favoriser le tourisme estival. En 1999, pour souligner le 40eanniversaire de la mort de Maurice Duplessis, Trois-Rivières avait mis sur piedL’Événement Duplessis. C’était la première fois de ma vie que je séjournais à Trois-Rivières. J’ai laissé quelques centaines de dollars dans la capitale de la Mauricie en incluant hôtel, repas et visites touristiques. Je n’y serais jamais allé sans L’Événement Duplessis.

La dernière fois que Saint-Jérôme a vraiment sorti le Curé Labelle sur la scène provinciale, c’était à l’occasion du 150eanniversaire de la ville en 1984. En 2016, Saint-Jérôme avait souligné le 125eanniversaire de sa mort. C’était un peu timide comme événement. Pas de promotion provinciale (s’il y en a eu, je n’ai rien vu) pour attirer les touristes. L’Événement Curé Labelledevrait servir carrément d’attrait touristique en 2020. La Société d’histoire de la Rivière-du-Nord et l’Évêché ont des objets ayant appartenu au Curé. L’auteur de Les Pays d’en Haut,Gilles Desjardins, a fouillé à peu près tout ce qui se fait en terme de documentation de l’époque pour écrire la série. Et il y a certes quelques mémoires de maîtrise ou thèses de doctorat qui trainent dans les départements des sciences humaines des universités du Québec sur l’œuvre ou l’impact du Curé Labelle.

Même si le Roi du Nord ne sera plus présent dans la dernière saison de Les Pays d’en Haut, son nom reviendra sans doute à plusieurs reprises. Asseoir à une même table, Gilles Desjardins, des universitaires, la Société d’histoire, le Cégep, l’UQO et des gens de communication/marketing permettrait de créer un événement d’envergure provinciale.

Je sais que 2020 ne représente pas une année charnière pour le Curé Labelle que ce soit par rapport à son arrivée ici, sa mort et même l’érection de sa statue en 1924. Par contre, il serait temps de saisir la balle au bond de profiter de la fin de la série Les Pays d’en Hautpour amener de l’argent dans notre ville.

Je demeure disponible à mathieu.locas@hotmail.com.

 

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