Présentée le 2 septembre au parc Place du Curé-Labelle, à Saint-Jérôme, sa proposition a reçu un accueil prudent d’Annie Gingras, présidente du Syndicat d’enseignement de la Rivière-du-Nord.
Le chef du Parti québécois a placé la réforme de l’éducation sous le signe d’une vaste réflexion collective. Il estime que les grandes orientations du système remontent notamment aux années 1960 et 1990 et qu’une mise à jour s’impose.
« Un gouvernement du Parti québécois mettra donc sur pied ces états généraux dans les 100 premiers jours », a-t-il déclaré. La démarche réunirait enseignants, professionnels, directions d’école, parents et experts afin de « rehausser le niveau » et de s’inspirer des pratiques d’autres pays.
Cinq priorités pour l’école
Le premier chantier porterait sur la valorisation de la formation professionnelle et la lutte au décrochage. M. Plamondon veut notamment s’attaquer au décrochage des garçons, mais aussi à ce qu’il présente comme le décrochage des enseignants.
« Imaginez, 2000 enseignants ont quitté leur classe depuis 2025. Il y a là un problème », a-t-il lancé.
Le deuxième axe vise à remettre la culture québécoise au cœur du parcours scolaire. Le chef péquiste souhaite notamment se pencher sur la réintroduction du chant et de l’enseignement de la musique au primaire, estimant que l’offre s’est « détériorée ».
Le troisième chantier concerne l’activité physique. Le PQ propose 60 minutes par jour, une orientation que M. Plamondon associe notamment à de meilleurs apprentissages et à une plus grande capacité de concentration.
La violence en milieu scolaire constitue le quatrième volet. M. Plamondon a cité une consultation de la Fédération autonome de l’enseignement dévoilée en décembre 2025, selon laquelle 90 % des quelque 2 500 enseignants répondants ont déclaré avoir subi un acte de violence au cours de leur carrière. Il propose des sanctions plus sévères, mais aussi une stratégie concertée de prévention avec le milieu scolaire.
Enfin, le cinquième chantier porte sur la mixité scolaire. M. Plamondon souhaite favoriser une plus grande mixité socio-économique et culturelle et propose notamment de conditionner une partie du financement des écoles privées à l’accueil d’élèves ayant des difficultés d’apprentissage ou provenant de milieux moins favorisés.
Il précise toutefois que son approche ne consiste pas à fusionner les réseaux public et privé.
Des réponses encore à préciser
Les échanges avec les journalistes ont toutefois montré que plusieurs modalités restent à définir. Interrogé sur une éventuelle liste d’œuvres québécoises qui deviendraient obligatoires, M. Plamondon a refusé de s’attribuer le choix des livres.
« Tout ça relève de l’enseignement, ça ne relève pas du politique. »
Il estime que les enseignants et les intervenants devraient plutôt contribuer à déterminer les critères et le corpus.
Même logique pour la mixité scolaire. Questionné sur la possibilité de déplacer des élèves ou de mettre en place du transport pour favoriser la diversité dans les écoles, il a répondu : « Je vais répondre non, ce n’est pas ça l’idée. »
Selon lui, les états généraux devront permettre d’examiner les différentes avenues, notamment le rapport entre les réseaux public et privé. Il a aussi confirmé que l’abolition progressive des subventions aux écoles privées, promise par le PQ en 2022, n’était pas l’objet de son annonce.
Sur la cible de décrochage, M. Plamondon n’a pas repris l’objectif de 7 % avancé par Québec solidaire, mais s’est montré favorable au principe d’une cible. « Je pense que c’est une bonne idée de fixer un objectif comme ça. »
Annie Gingras reste prudente
Après la conférence, Annie Gingras s’est entretenue avec M. Plamondon et a ramené le débat aux réalités vécues dans les écoles, particulièrement la pénurie de personnel. Elle rappelle que des personnes non légalement qualifiées sont actuellement embauchées et que les parcours accélérés peuvent permettre de les qualifier plus rapidement.
Cette approche comporte toutefois un risque pour les programmes réguliers, selon elle, puisque les étudiants inscrits au baccalauréat de quatre ans ne bénéficient pas des mêmes conditions.
Quant aux réponses de M. Plamondon, elle les juge prudentes.
« Dans les chantiers, dans les généralités, il ne veut pas se commettre… »
Elle comprend toutefois qu’une campagne électorale limite les engagements détaillés, notamment lorsque les conditions de travail peuvent toucher aux négociations du secteur public.
Un élément lui paraît néanmoins positif : la reconnaissance de la violence envers le personnel scolaire.
Elle voit donc « une belle ouverture », tout en réservant son jugement sur les mesures concrètes.
« On s’en reparlera après le jour des élections. »
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