Il parle comme il structure : avec clarté, énergie et méthode. Léopold Canier, étudiant au baccalauréat en sciences comptables, est à l’origine de Jeune Coop Talent Étudiant, une entreprise collective qui permet à des jeunes du Cégep de Saint-Jérôme de mettre en pratique leurs compétences… tout en se rémunérant.
« On a des étudiants en cinéma qui filment des événements, des gens en gestion qui organisent la logistique… On adapte les services aux talents des membres. » Le projet, né il y a un peu plus d’un an, est fondé sur une idée forte : offrir des services concrets aux entreprises locales tout en donnant aux jeunes une expérience professionnelle réelle.
Ce qui distingue Léopold, c’est sa vision sociale de l’entrepreneuriat. Ce n’est pas la croissance à tout prix qui le motive, mais le sentiment d’utilité. « Je trouve qu’on vit une crise de l’emploi chez les jeunes. Je voulais une solution concrète. »
Il a conçu Jeune Coop comme une vraie coopérative : les jeunes sont rémunérés directement, 10 % des revenus sont réinvestis dans le projet, 10 % sont redistribués à ceux qui s’impliquent. L’entreprise tourne grâce à un noyau de sept administrateurs. On sent l’influence de sa formation comptable, mais aussi une volonté profonde d’inclusion et d’impact.
À l’instar de Thomas Perron, Léopold est un ancien du Cégep de Saint-Jérôme qui y revient avec un projet structuré. Mais dans son cas, le retour est aussi une manière de donner au suivant, de mettre son expertise universitaire au service d’une communauté étudiante qui cherche des repères et des occasions de grandir.
Le QGDA a joué un rôle crucial dans son parcours : d’abord comme point d’entrée (il en a été vice-président puis président du club entrepreneur), puis comme incubateur d’idées. « C’est là que j’ai découvert que je pouvais avoir un réel impact. »
Léopold a été finaliste au prix Force Avenir dans la catégorie Personnalité engagée. Une distinction qui l’a surpris, mais aussi conforté dans ses choix : « J’ai réalisé que mes actions avaient du sens. Pas juste pour moi, mais pour toute une communauté. » Pour lui, cette nomination représente une validation morale, bien plus qu’un accomplissement personnel.
Son arme secrète ? La gestion du temps. Il jongle entre cours universitaires, entreprise collective, implications communautaires, conseils d’administration… et tout ça, avec rigueur. « Pour réaliser tout ce que je fais, il faut un horaire clair, aligné avec mes priorités. »
Léopold ne veut pas juste réussir. Il veut que les autres réussissent avec lui. Et c’est probablement ça, sa plus grande force.
MOTS-CLÉS
QGDA
Quartier général de l'audace
Saint-Jérôme
Jeunesse