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Les CPE, à la table de discussion

Photo Phoeby Laplante – Dans le cadre de sa Tournée Diapason, l’AQCPE profite d’un arrêt à Saint-Jérôme pour consulter les directeurs et directrices des CPE pour se renseigner sur les préoccupations de ceux-ci dans les Laurentides.

Les CPE, à la table de discussion

Publié le 12/06/2026

Lors de sa Tournée Diapason, le 4 juin, l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) était de passage à Saint-Jérôme afin de rencontrer des gestionnaires de CPE de la région et de dresser un portrait des enjeux qui touchent le réseau et de formuler ses demandes aux partis politiques.

Pour Geneviève Blanchard, codirectrice générale de l’AQCPE, le principal défi demeure la pénurie de main-d’œuvre qui continue de fragiliser le réseau.

« Pendant longtemps, le défi était de créer des places. Aujourd’hui, le problème est souvent de réussir à les faire fonctionner avec du personnel qualifié. Nous accueillons beaucoup de nouvelles recrues, mais plusieurs arrivent sans formation spécialisée, ce qui soulève des préoccupations quant à la qualité des services offerts aux enfants », explique-t-elle.

Selon elle, le manque de personnel qualifié entraîne une pression importante sur les équipes en place et accentue les besoins en accompagnement et en formation continue.

Miser sur la qualité plutôt que sur la quantité

Si 37 000 nouvelles places ont été créées au cours des dernières années par le gouvernement caquiste, l’AQCPE estime que la croissance du réseau s’est faite au détriment du modèle des centres de la petite enfance.

« Nous souhaitons un réinvestissement clair dans le modèle des CPE, affirme Mme Blanchard. Une part importante des nouvelles places créées se retrouve dans des garderies privées à but lucratif. Pourtant, les services éducatifs de qualité devraient reposer sur un modèle à but non lucratif où les parents participent activement à la gouvernance ».

Avec la concurrence accrue des garderies privées, l’organisme s’inquiète notamment de la diminution progressive de la place occupée par les CPE dans le réseau québécois.

« Historiquement, le Québec favorisait largement les CPE, ajoute-t-elle. Aujourd’hui, on observe une croissance plus importante du secteur privé subventionné, ce qui soulève des questions sur l’avenir du modèle qui a pourtant fait la réputation du Québec en matière de petite enfance ».

Participants attablés dans une salle de conférence devant un écran de présentation lors d'une rencontre de consultation
Photo AQCPE

Un financement stable réclamé

À l’approche de la campagne électorale, l’AQCPE demande également un financement plus prévisible pour les établissements.

« L’accès à des services éducatifs de qualité devrait être considéré comme un droit pour toutes les familles. Peu importe leur région ou l’âge de leur enfant, elles devraient pouvoir compter sur une place répondant aux plus hauts standards de qualité », soutient Geneviève Blanchard.

L’organisme souhaite que les futurs engagements gouvernementaux permettent à la fois d’assurer le développement des services et d’améliorer l’accompagnement des familles plus vulnérables.

Des questions autour de la maternelle 4 ans

L’AQCPE continue également de remettre en question l’expansion de la maternelle 4 ans. Selon Mme Blanchard, ce qui devait initialement constituer une offre complémentaire est devenu, dans certains cas, un système parallèle qui concurrence directement les services déjà offerts par les CPE.

« Les écoles et les CPE répondent à des missions différentes. Les ratios d’encadrement ne sont pas les mêmes et les environnements scolaires ne sont pas toujours adaptés aux besoins des très jeunes enfants. Lorsqu’on développe deux réseaux parallèles, cela peut entraîner des dédoublements de services et une utilisation moins efficace des ressources publiques », affirme-t-elle.

L’organisme entend poursuivre sa tournée à travers le Québec au cours des prochains mois afin de documenter les réalités régionales et porter une vision commune de l’avenir des services éducatifs à la petite enfance.