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Les Laurentides, au cœur de la recherche en prévention des infections

Photo Phoeby Laplante Prévention des infections

Saint-Jérôme au cœur d’une recherche internationale

Les Laurentides, au cœur de la recherche en prévention des infections

Publié le 04/06/2026

La Chaire de recherche du Canada EconoPCI, dirigée par le professeur Éric Tchouaket, débute ses recherches, suite à la réception d’une subvention de plus de 1,24 million de dollars des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

Accordée dans le cadre du concours Projet des IRSC de l’automne 2025, l’objectif de cette subvention est de financer un projet international entre le Québec et le Luxembourg, consacré à mesurer l’impact de la prévention des infections dans les soins de longue durée dans les CHSLD, les résidences pour ainées et dans les équipes de soins à domicile.

Le projet, dirigé par les professeures Kelley Kilpatrick et Véronique Landry, avec la collaboration d’Éric Tchouaket, vise à développer des outils numériques permettant de mesurer la charge de travail des infirmières praticiennes spécialisées (IPS) et la qualité des soins offerts dans les cliniques de soins primaires.

Un nombre d’infirmières insuffisant

Actuellement, le nombre d’infirmières dédiées à la pratique de prévention et contrôle des infections (PCI) serait de 40 au Québec, un nombre qu’il faut définitivement augmenter, selon le professeur Tchouaket. De plus, le chercheur souligne que la pandémie de COVID-19 a mis en évidence les failles du système de préparation sanitaire et qu’il faut agir pour prévenir les crises.

« C’est une situation vraiment d’urgence, a-t-il soutenu, rappelant que les maladies infectieuses demeurent un risque constant dans les établissements de soins. Il ne faut pas qu’on agisse quand il y a un problème. Il faut mettre en place des stratégies avant l’arrivée de la maladie ».

Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l’économie de la prévention et du contrôle des infections à l’Université du Québec en Outaouais, le professeur Tchouaket sera aux premiers rouages de cette recherche, de 2026 à 2030, en collaboration avec plusieurs partenaires au Québec et au Luxembourg.

Équipe de chercheurs et collaborateurs posant devant la bannière de l'UQO lors du dévoilement de la Chaire EconoPCI
Photo Phoeby Laplante

Les Laurentides au cœur de la recherche

Dans une volonté de bien représenter le besoin réel en matière de PCI, le projet de la Chaire de recherche du Canada EconoPCI représentera les différences observées en fonction des régions urbaines, semi-urbaines et rurales du Québec et du Luxembourg.

De son côté, les Laurentides seront le terrain d’étude du projet de recherche en ce qui concerne les réalités semi-urbaines.

Le professeur Tchouaket estime que la région des Laurentides représente un cas particulièrement pertinent en raison de son vaste territoire, des distances importantes entre les établissements de santé et du peu d’infirmières dédiée aux services de PCI.

« Actuellement, il y a une infirmière qui couvre Saint-Jérôme et Mont-Laurier [et qui doit se déplacer]. Donc, on voit que la région des Laurentides est vraiment une région pilote très intéressante pour montrer cette problématique », a-t-il affirmé.

Miser sur la formation plutôt que seulement sur les infrastructures

Parallèlement, un autre projet d’étude de la Chaire de recherche du Canada EconoPCI a obtenu une subvention annonce prioritaire de 100 000 dollars canadiens de la Stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP) des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) (2026-2027).

Ce dernier servira au déploiement d’un outil numérique mesurant la charge de travail des infirmières praticiennes spécialisées (IPS) et la qualité des soins pour les cliniques en soins primaires. Toutefois, l’équipe de recherche souhaite également démontrer que la prévention des infections repose d’abord sur les compétences humaines plutôt qu’uniquement sur les bâtiments.

« Quelle que soit l’infrastructure, il faut qu’il y ait des personnes formées capables de donner de l’information en matière de PCI », a expliqué le chercheur.

Au-delà des retombées scientifiques, le projet comporte également un important volet de formation de la relève en permettant à des étudiants et jeunes chercheurs de participer aux travaux de recherche.

« Former la prochaine génération fait partie intégrante du projet », a insisté Éric Tchouaket. « Nous voulons développer des ambassadeurs de la prévention et du contrôle des infections capables d’influencer les pratiques et les politiques publiques dans les années à venir. »

Les premières phases du projet sont déjà amorcées, notamment les démarches éthiques et la préparation des outils de collecte de données. Les travaux de terrain devraient débuter au cours des prochains mois.

Parmi les partenaires du projet EconoPCI-LUQ figurent notamment Université du Québec en Outaouais, Université de Montréal, Université Laval, McGill University, Santé Québec, Institut national de santé publique du Québec ainsi que plusieurs établissements de santé au Québec et au Luxembourg.