Youri Chassin souligne que l’aide gouvernementale pourrait être accordée avec peu de critères d’admissibilité, ce qui risquerait d’injecter massivement des liquidités dans l’économie et d’accélérer l’inflation.
Il donne l’exemple des investissements en infrastructures, qui sont passés de 100 à 153 milliards de dollars au sein du Plan québécois des infrastructures (PQI). L’augmentation des coûts a rendu plusieurs projets plus onéreux que prévu.
« C’est presque comme si on se court après la queue. Chaque fois qu’on augmente l’argent, les prix augmentent parce qu’il est impossible d’accélérer la cadence des chantiers ou de trouver plus de main-d’œuvre. » — Youri Chassin
Des risques économiques selon l’IEDM
Le premier ministre François Legault a affirmé que des programmes d’aide aux entreprises étaient prêts à être déployés si la menace commerciale se concrétisait. Cependant, la mise en place de ces mesures reste suspendue pour 30 jours, dans l’attente d’évolutions économiques.
Gabriel Giguère, analyste senior en politiques publiques à l’IEDM, rappelle que, selon un rapport de la Banque Scotia, les dépenses publiques excessives pendant la pandémie ont contribué à la montée de l’inflation des dernières années.
« Avant de s’inspirer des programmes de subventions mis en place durant la pandémie, François Legault devrait se souvenir de l’épisode d’inflation qui les a suivis. » — Gabriel Giguère
« Le Québec fait déjà face au plus grand déficit de son histoire. Il serait irresponsable pour le gouvernement d’en ajouter. Au lieu de prôner une approche dépensière, il devrait assainir ses finances et utiliser la marge de manœuvre dégagée pour réduire les impôts des entreprises. » — Gabriel Giguère
Une leçon à retenir
M. Chassin insiste sur la nécessité d’apprendre des erreurs passées. Il rappelle que la pandémie a conduit le gouvernement à être très dépensier, ce qui était compréhensible dans le contexte, mais qui a eu des répercussions négatives sur l’économie.
« S’il vous plaît, qu’on ait la mémoire du “Je me souviens”. Il faut s’en souvenir maintenant, il ne faudra pas retomber dans le même piège. » — Youri Chassin
L’IEDM et M. Chassin demandent donc au gouvernement de faire preuve de prudence budgétaire et de privilégier des solutions économiques qui ne favorisent pas l’inflation, surtout dans un contexte de guerre tarifaire internationale qui pourrait accentuer les pressions économiques sur les entreprises québécoises.
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