C’est le défi que souhaite relever l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Le 14 octobre, la première édition du Marché public de la recherche et de la création, tenue à son campus de Saint-Jérôme, a réuni chercheurs et acteurs régionaux pour rapprocher la recherche des besoins des Laurentides.
Itinérance, vieillissement de la population, action communautaire : plusieurs enjeux propres aux Laurentides ont alimenté les échanges. La rencontre visait également à faire émerger des collaborations durables entre les chercheurs et les milieux concernés.
Les échanges pourraient notamment mener à un éventuel appel à projets destiné à soutenir des initiatives de collaboration avec les milieux.
Pour Simon Beaudry, doyen de la recherche et de la création de l’UQO, cette proximité est essentielle.
« À l’UQO, nous croyons que la recherche doit être ancrée dans les réalités des collectivités; cette première édition démontre toute la richesse de bâtir les projets de demain avec les partenaires de nos territoires », a-t-il déclaré à l’ouverture de la journée.
L’établissement estime que la rencontre a permis de favoriser les échanges entre les participants et de jeter les bases de nouvelles collaborations. Reste maintenant à traduire ces rapprochements en projets concrets.
Des enjeux régionaux au cœur des travaux
Parmi les initiatives présentées, un projet de coconstruction entre le milieu communautaire et la recherche universitaire a retenu l’attention. Portée par la Maison Pause-Parent et le Groupe de recherche Action communautaire et Familles (GRACeF), la démarche illustre la possibilité de réunir les connaissances scientifiques et l’expérience des organismes pour mieux répondre aux besoins des communautés.
La lutte contre l’itinérance figurait également parmi les thèmes abordés. Le professeur Pierre Pariseau-Legault a présenté une alliance de recherche entre Santé Québec Laurentides et l’UQO, qui vise à structurer davantage les connaissances et les interventions liées à cette problématique.
D’autres travaux ont permis d’élargir la réflexion. Les participants ont notamment pu découvrir des recherches sur la modélisation informatique des connexions cérébrales ainsi que sur les conditions favorisant le vieillissement dans les communautés rurales.
Le laboratoire vivant MaillAGE, dirigé par Isabelle Marchand, a pour sa part mis en lumière le potentiel de la recherche-action comme levier de développement territorial. Cette approche permet d’examiner les enjeux en collaboration avec les milieux concernés, plutôt que de limiter la recherche à une démarche menée uniquement en contexte universitaire.
Faire une place aux savoirs citoyens
Comment intégrer davantage l’expérience des citoyens et des organismes aux travaux scientifiques? Cette question a traversé une partie des activités de la journée.
Mélanie Pelletier, du Service aux collectivités de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), a présenté une conférence consacrée à près de 50 ans d’alliances entre les communautés et l’université. Un panel réunissant notamment Éric Racine, Hélène Fortier et Prisca Bustamante Alvarez a ensuite permis d’explorer différentes façons de faire dialoguer les savoirs citoyens et la recherche.
L’enjeu dépasse la simple consultation des acteurs locaux. En favorisant leur participation à la définition des questions étudiées et des orientations retenues, les démarches partenariales peuvent contribuer à mieux arrimer les travaux universitaires aux besoins exprimés sur le terrain.
Un atelier de concertation a également permis de dresser un portrait des besoins régionaux en fonction des axes stratégiques de l’UQO. L’exercice visait à cerner des pistes de projets et à déterminer les conditions nécessaires à leur réalisation.
La possibilité d’un appel à projets a également été abordée au cours de la rencontre.
« Les personnes participantes ont notamment été consultées sur la pertinence et les orientations d’un éventuel appel à projets qui pourrait être lancé au cours des prochains mois afin de soutenir des initiatives de collaboration avec les milieux », indique l’UQO.
Aucune concrétisation de cette démarche n’est toutefois annoncée à ce stade. La suite dépendra notamment des orientations retenues et des projets qui pourraient être développés à partir des échanges.
En conclusion de la rencontre, Pierre Pariseau-Legault a rappelé l’importance de considérer la recherche partenariale comme « un écosystème dynamique », dans lequel la diversité des savoirs contribue à l’innovation sociale et au développement régional.
Pour l’UQO, le défi consiste désormais à faire vivre les liens amorcés lors de ce premier marché.

MOTS-CLÉS
Saint-Jérôme
UQO
Simon Beaudry
Pierre Pariseau-Legault