Le gouvernement du Québec a confirmé la mise en construction d’un pavillon chirurgical à l’Hôpital régional de Saint-Jérôme, un établissement qui fonctionne depuis longtemps au-delà de sa capacité. L’annonce, faite par la ministre de la Santé et ministre responsable des Laurentides, Sonia Bélanger, officialise l’entrée du dossier en réalisation. Le dépôt du dossier d’affaires est prévu en avril, ce qui permettra de lancer les appels d’offres et d’entamer les travaux préparatoires.
Chantier confirmé
L’inscription du projet au Plan québécois des infrastructures met fin à des années d’incertitude. Le gouvernement prévoit une construction répartie sur une période de quatre à quatre ans et demi. Selon la ministre, l’objectif est d’éviter les délais associés aux projets majeurs réalisés d’un seul bloc. « On ne pouvait plus attendre », a-t-elle indiqué, rappelant que les limites actuelles compliquent l’organisation des soins et freinent l’accès à certains services spécialisés.
Le nouveau bâtiment couvrira environ 28 000 mètres carrés sur cinq niveaux. Il comprendra 15 salles d’opération, 9 salles d’endoscopie, 40 civières en chirurgie d’un jour, deux salles de chirurgie mineure, une unité de retraitement des dispositifs médicaux, ainsi que des services de laboratoire, de pathologie et un département de pharmacie modernisé. Pour la présidente-directrice générale du CISSS des Laurentides, Julie Delaney, ces ajouts répondent à des besoins devenus pressants. « C’est un projet extrêmement porteur », a-t-elle résumé. Elle souligne que ces espaces permettront aussi de revoir certains parcours de soins et de réduire les contraintes liées à des locaux devenus trop exigus.
Pression démographique
Construit en 1957, l’hôpital dessert une population en forte croissance. Les projections prévoient une hausse de 15,4 % dans les Laurentides d’ici 2036, et jusqu’à 22 % dans la région immédiate de Saint-Jérôme. Le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques accentuent la demande pour des soins spécialisés. Selon les autorités régionales, cette pression se traduit par des délais plus longs, une utilisation maximale des salles existantes et des équipes qui doivent composer avec des espaces qui ne correspondent plus aux besoins actuels.
Le projet a été porté par une mobilisation soutenue d’élus provinciaux, de municipalités, d’organisations citoyennes et de syndicats. Plusieurs médecins présents ont rappelé les années d’attente et les difficultés liées à des installations vieillissantes. L’un d’eux a évoqué « un essoufflement réel » dans les équipes, lié à l’absence de progrès. Pour ces intervenants, l’arrivée d’un chantier concret représente un signal attendu pour stabiliser les effectifs et améliorer les conditions de travail.
Enjeux d’enseignement et de recrutement
Le pavillon s’inscrit aussi dans le développement du campus délocalisé de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, ainsi que du volet pharmacie. Les nouvelles infrastructures offriront des espaces adaptés pour accueillir des stagiaires et soutenir la formation clinique. Selon la direction du CISSS, cette dimension est essentielle pour attirer et retenir des professionnels dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. « Les infrastructures modernes sont un facteur d’attraction important », a rappelé la ministre Bélanger.
Une suite déjà en préparation
Le gouvernement a choisi de procéder par phases afin d’accélérer la mise en service des nouvelles installations. La construction du pavillon chirurgical libérera des espaces dans l’hôpital actuel et facilitera la préparation de la phase 2, déjà en développement. Cette approche graduelle doit permettre de maintenir les services tout en amorçant une transformation attendue depuis longtemps.
La ministre a indiqué que d’autres projets prioritaires pour les hôpitaux de la région des Laurentides seront annoncés prochainement, sans en préciser les détails.

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