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Point de bascule

Le commentaire de Mathieu Locas

Contre toute attente, la conseillère Johanne Dicaire a claqué la porte du parti Vision Saint-Jérôme. Je dis contre toute attente même si son nom m’avait été mentionné comme étant une personne susceptible de quitter le parti il y a quelques semaines. En déménageant ses meubles dans la zone des indépendants, Johanne Dicaire a écorché quelques bibelots au passage. Outre le maire, elle y est allée d’une sortie en règle contre les conseillers Gilles Robert et Benoit Beaulieu de même que le chef de cabinet Simon Geraghty.

Personnellement, je n’ai rien entendu de négatif sur la façon de faire de Gilles Robert face aux autres membres du conseil ou aux fonctionnaires. Je connais Gilles depuis plus de 25 ans et il n’a pas la réputation de brasser trop la cabane. Par contre, je serais menteur de vous dire que je n’ai rien entendu sur messieurs Beaulieu et Geraghty.

Les adversaires de Stéphane Maher jubilent à l’idée de voir une deuxième conseillère quitter le navire. Certains sont déjà à la recherche d’un candidat pour tenter de lui succéder en 2021. Ils ont l’impression que Stéphane Maher se retrouve sur une plaque de glace en train d’imiter Bambi. A ces personnes, je dis, « reculez-vous de la fenêtre un peu ». Et aux partisans de Stéphane Maher, je dis : « faites attention, quand ça dérape, ça dérape»

Commençons par les adversaires du maire. Eux, ils aiment la politique. Très souvent, ils font de la politique comme passe-temps dans leur vie. Ils sont impliqués dans un parti municipal, provincial et fédéral depuis plusieurs années. Leur point de vue représente plus souvent un souhait qu’une analyse. Ils oublient souvent qu’un électeur sur deux vote au Québec. Ils oublient aussi que les propriétaires votent davantage que les locataires au municipal. Tant que la Régie du logement du Québec n’inclura pas une ligne sur le bail où les locataires pourront constater le montant de taxes payé par mois, ils continueront de bouder les élections municipales. Les adversaires du maire oublient également que les propriétaires aiment bien le maire. Leur compte de taxes est pratiquement gelé depuis 2014. Ces propriétaires n’endossent pas le discours des fonctionnaires qui soulignent devoir faire plus avec moins et d’être choqués d’avoir dû modifier leur façon de travailler depuis l’arrivée du nouveau maire. Les propriétaires se souviennent des dernières années de l’ère Gascon où les dépenses augmentaient parfois de 10% par année et que les comptes de taxes grimpaient bien au-delà de l’inflation. A ce moment, ce sont eux qui devaient faire plus avec moins.

Pour les partisans de Stéphane Maher, ils ne doivent pas prêcher par excès de confiance. Demander aux employés d’en faire plus avec moins, est une chose. Mais la façon de le faire en est une autre. Présentement, il n’y a aucun adversaire à l’horizon. Même si les braises de l’insatisfaction sont chaudes, il n’y a pas lieu d’appeler les pompiers. Par contre, l’arrivée des médias sociaux amène une nouvelle dimension à la politique. Contre toute attente, Valérie Plante a mis deux mois à venir à bout de Denis Coderre qui avait pourtant un excellent bilan à offrir aux Montréalais. En Ontario, le conservateur Doug Ford avait une confortable avance en mars dernier et risque de voir le pouvoir lui filer entre les doigts à l’élection de demain. Emmanuel Macron est passé d’inconnu à Président de la République française en quelques mois. Il ne faudra pas un grand coup de vent pour que les braises deviennent un incendie de forêt. En d’autres mots, Stéphane Maher arrive à un point de bascule.

Je vous reviens la semaine prochaine avec la suite de cette chronique avec comme thème le PCA, soit la base de la communication en gestion de crise.

D’ici là, pour me rejoindre, mathieu.locas@hotmail.com.

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