Ils font leurs devoirs. Ils s’adaptent. Pour répondre à cette réalité souvent méconnue, Pallia-Vie a mis sur pied le programme AJAD Accompagnement des Jeunes en situation de Deuil destiné aux jeunes de 6 à 17 ans vivant le deuil d’un être cher ou accompagnant un parent atteint d’une maladie grave.
Basé à Saint-Jérôme, l’organisme spécialisé en soins palliatifs constate que ces jeunes peuvent traverser de l’inquiétude, de la tristesse, de la colère, de l’anxiété, un sentiment d’isolement ou d’importants bouleversements dans leur quotidien, tout en poursuivant un parcours scolaire qui semble normal aux yeux de leur entourage.
« On pense très peu aux enfants, alors qu’ils sont souvent très touchés par tout ce qu’un deuil provoque », explique Jessica Riopel, coordonnatrice des services d’accompagnement chez Pallia-Vie. « Ces jeunes ont eux aussi besoin d’être accompagnés. Le programme existe pour ça. »
Ce que propose AJAD est moins une thérapie formelle qu’un espace structuré d’écoute et d’accompagnement. Les suivis sont offerts individuellement, soit dans les locaux de l’organisme à Saint-Jérôme, soit directement dans les écoles partenaires, une formule qui tient compte d’une réalité simple : un enfant de dix ans ne prendra pas lui-même rendez-vous dans un centre de soins palliatifs. L’approche varie selon l’âge, le vécu et le développement de chaque participant.
Avec les plus petits, les intervenantes ont recours au jeu, aux activités créatives et aux mises en situation.
« Le jeu devient un langage qui leur permet d’explorer leurs émotions, leurs peurs, leurs questions et ce qu’ils vivent dans un environnement sécurisant », précise Mme Riopel.
La durée du suivi n’est pas prédéterminée. Certains auront besoin de quelques rencontres, d’autres de plusieurs mois.
« C’est vraiment selon ce que l’enfant va nous nommer comme besoin », souligne-t-elle.
Un soutien qui passe par tout l’entourage
Le principal défi identifié par l’équipe n’est pas l’intervention elle-même, mais l’accès aux jeunes qui pourraient bénéficier du programme.
« Les jeunes ne viennent pas vers nous, c’est souvent le parent qui va devoir intervenir », reconnaît Marie-Eve Gervais, directrice générale de Pallia-Vie.
Une fois le contact établi, il faut coordonner les démarches avec l’école, organiser les rencontres et assurer le suivi. Une chaîne d’intervenants parents, enseignants, personnels scolaires et équipe de Pallia-Vie doit se mobiliser pour qu’un jeune reçoive finalement le soutien dont il a besoin.
La prochaine étape du programme, prévue au cours des prochains mois à la suite d’une formation spécialisée, est le déploiement de groupes destinés aux jeunes de 6 à 12 ans. L’objectif est de leur permettre d’échanger avec des pairs vivant des réalités semblables, de normaliser leurs émotions et de développer des stratégies d’adaptation dans un cadre encadré.
Pour l’instant, aucune date précise n’a été communiquée et le lancement de ces groupes demeure conditionnel au nombre de participants.
La demande est toutefois en croissance, selon l’organisme. Le service demeure encore peu connu et Pallia-Vie multiplie les démarches pour le faire connaître auprès des familles, des écoles et du réseau de la santé des Laurentides.

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