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De gauche à droite: Steven Morin, Alain Jasmin et Daniel Malenfant. Photo Mychel Lapointe

Propriétaire de 17 permis de taxi à Saint-Jérôme: «J’ai une dette de 2,4 millions, je devrai travailler jusqu’à la fin de mes jours» -Daniel Malenfant

Par Mathieu Locas

Daniel Malenfant ne dort plus depuis plusieurs semaines. Propriétaire de Silencieux GMS, rue St-Georges, il est aussi propriétaire de 17 permis et gère 59 chauffeurs de taxi à Saint-Jérôme. Il y a quelques mois, la valeur de ses permis tournait autour des 4 millions. Plus les semaines avancent et plus la valeur fond comme neige au printemps. Malgré cette perte de valeur, l’hypothèque de 2,4 millions demeure.

«C’est pas compliqué, je risque de tout perdre. Au fil des années, j’ai acquis des immeubles à logements, en plus de mon garage. J’ai tout mis en garantie pour me procurer les permis de taxi. J’ai même demandé à mes filles, des infirmières à l’hôpital de Saint-Jérôme, d’investir dans un permis. Elles aussi risquent de tout perdre. C’est clair que je ne dors plus trop, je suis stressé et je fais tout pour m’en sortir».

Malgré le projet de loi sur la refonte de l’industrie du taxi, qui pourrait l’amener dans un gouffre financier, Daniel Malenfant n’a pas baisse pas les bras. Il arrive au garage à tous les jours à 4h30 pour faire le lien entre ses chauffeurs de nuit et de jour. Il s’assure que les véhicules sont en bon état avant de repartir sur la route. Ensuite, il répond à sa clientèle du garage et une fois les portes fermées, il refait le lien entre ses chauffeurs de jour et de nuit pour quitter vers 19h30.

«Je n’ai pas le choix de travailler. J’ai une dette de 2,4 millions de dollars, je devrai travailler jusqu’à la fin de mes jours si le gouvernement ne nous donne rien», ajoute l’homme de 55 ans, qui craint pour sa retraite.

1 000$ par permis

Si le projet de loi est entériné tel quel, Daniel Malenfant va perdre beaucoup d’argent. Sous l’ancien gouvernement libéral, il avait reçu 17 000$. Et il pourrait recevoir 17 000$ supplémentaires pour un total de 34 000$.

Le projet de loi 17 prévoit une dérèglementation de l’industrie. «Nous avons des employés qui disent : « Pourquoi, je travaillerais pour toi quand je peux prendre mon char pour aller chercher des clients». Si la loi passe, c’est clair que la valeur des permis va piquer du nez», renchérit Alain Jasmin, comptable de Daniel Malenfant.

En 2015, Daniel Malenfant a acheté des véhicules MV-1 pour transporter des personnes à mobilité réduite en raison d’une santé fragilisée. Ces gros taxis noirs ont su répondre à un besoin dans la région. Le coût d’achat dépasse les 80 000$. «Daniel voulait en acheter un autre tellement la demande est là, mais avec cette loi qui nous pend au bout du nez, nous allons laisser faire l’achat. Nous avons invité à plusieurs reprises le député Youri Chassin (son bureau est à 100m du garage) à visiter nos installations. Nous avons des équipements à la fine pointe de la technologie. Il n’a jamais accepté notre invitation», conclut Monsieur Jasmin.

 

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