La nouvelle circonscription regroupera le nord de Mirabel, la ville de Saint-Colomban et le secteur ouest de Saint-Jérôme.
Une loi jugée contraire aux droits démocratiques
En 2024, le gouvernement du Québec avait adopté la Loi 59, qui suspendait la révision de la carte électorale provinciale. La loi avait été vivement critiquée par des élus qui la jugeaient anticonstitutionnelle.
Xavier-Antoine Lalande, vice-président du Conseil des préfets et des élus de la région des Laurentides, préfet de la MRC de La Rivière-du-Nord et maire de Saint-Colomban, se réjouit de la rapidité du jugement, tout en rappelant que l’enjeu dépassait la seule création de Bellefeuille.
« C’était un jugement de la Cour suprême qui dit au gouvernement du Québec que la Loi 59 est inconstitutionnelle », a-t-il déclaré en entrevue. Selon lui, la décision remet au premier plan le respect du droit de vote et de la représentativité électorale.
Appel à la démission de Jean-François Roberge
Pour M. Lalande, la démarche du gouvernement visait à préserver l’ancienne carte « au détriment du droit de vote de 675 000 citoyens québécois ».
« Le ministre responsable des institutions démocratiques a, par sa loi, violé la Constitution », affirme-t-il, visant Jean-François Roberge.
Très critique, le préfet soutient qu’une telle décision judiciaire devrait entraîner des conséquences politiques. « Cette personne-là ne devrait même plus travailler comme ministre. Il devrait démissionner », a-t-il lancé, ajoutant que le premier ministre François Legault devrait exiger son départ « s’il avait conscience de ses responsabilités ».
« Un électeur, un vote »
Pour l’élu municipal, le débat fondamental touche l’égalité du poids du vote entre les citoyens. Il reproche au gouvernement d’avoir voulu intégrer d’autres critères pour maintenir certaines circonscriptions malgré les changements démographiques.
« Le principe d’un électeur, un vote, c’est le fondement même de notre démocratie, insiste-t-il. La Constitution est venue rappeler que ce principe est extrêmement important pour le parlementarisme canadien. »
Questionné sur les solutions pour éviter un tel affrontement institutionnel, Xavier-Antoine Lalande plaide pour une meilleure compréhension des règles démocratiques par les parlementaires.
« Ça prend des députés qui comprennent leurs propres lois, qui comprennent leurs propres limites, qui planifient leur travail et qui agissent à l’intérieur de la Constitution et de la Charte des droits et libertés. »
Le redécoupage confirme l’ajout d’un siège dans les Laurentides (Bellefeuille) et d’un autre en Estrie–Centre-du-Québec. Montréal et la Gaspésie en perdent chacun un (Anjou-Louis-Riel et Bonaventure).

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