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Saint-Colomban : un débat électoral animé par le maire

Photo Phoeby Laplante – Le maire de Saint-Colomban, Xavier-Antoine Lalande, animait le débat des candidats dans la nouvelle circonscription de Bellefeuille.

Saint-Colomban : un débat électoral animé par le maire

Publié le 30/09/2026

Traditionnellement, l’animation des débats électoraux revient aux médias.

Les chambres de commerce s’en mêlent aussi, depuis quelque temps, et interrogent les candidats sur leurs engagements. D’autres organismes, soucieux de leur communauté, leur emboîtent le pas, afin de pousser les aspirants élus à vider leur sac et d’aider les électeurs à faire un choix éclairé.

Mais un maire peut-il organiser un tel débat? Et peut-il lui-même interroger les candidats de sa circonscription?

Certains y verront une intervention partisane. D’autres, une initiative citoyenne permettant au premier magistrat de la ville d’informer, de sensibiliser, d’outiller ses concitoyens et de les éclairer sur les enjeux qui les touchent. Cela fait même partie de la responsabilité du maire et de son conseil, tranche Rémy Trudel, ex-ministre péquiste des Affaires municipales.

Avec l’appui de son conseil, le maire de Saint-Colomban, Xavier-Antoine Lalande, favorise l’organisation du débat, tout en restant impartial.

« C’est de la responsabilité civile d’un conseil municipal de favoriser l’expression des idées de tous les partis […] Et puis, le maire, à cet égard-là, a une responsabilité de neutralité vis-à-vis [de] l’un ou l’autre des candidats. »

L’exercice, tout à fait légitime, octroie au maire la possibilité de défendre, au nom de tous les citoyens, les dossiers de la municipalité, soutient M. Trudel.

« Je pense que ça fait partie de notre rôle comme élus municipaux de travailler à assurer une saine démocratie. Ça vient avec le fait d’encourager et d’améliorer les moyens qu’on donne à notre population pour cultiver leur civisme et leur culture démocratique », indique pour sa part le maire de la ville de Saint-Colomban, soulignant que l’initiative est assumée entièrement par la Ville.

Un exercice qui remonte à l’arrivée de Lalande à la mairie

Le maire n’en est pas à son coup d’essai. Il s’agit, selon lui, de son « quatrième ou cinquième débat ».

« C’est un exercice qu’on fait depuis mon arrivée à la mairie, donc depuis 2018, depuis la première élection provinciale après mon élection », explique le maire, précisant que « c’est une occasion qu’on donne aux candidats et aux candidates de chaque élection provinciale et fédérale de se concentrer sur les enjeux de la ville de Saint-Colomban, et de manière plus large, de la circonscription qu’elle représente, et dans ce cas-ci, c’est Bellefeuille. »

La nouvelle circonscription fait son entrée sur la carte électorale lors du scrutin du 5 octobre après une longue bataille judiciaire.

Les candidats présents au débat sont Audrey Bujold du Parti québécois, Pier-Luc Chayer du Parti conservateur du Québec, Normand Lalonde de Québec solidaire, Maud Laporte-Roy du Parti libéral du Québec et Rachel Renaud de la CAQ.

« C’est vraiment l’opportunité qu’ils ont de parler directement à la population de Saint-Colomban, la circonscription, pour nous permettre de les connaître davantage et de connaître les solutions qu’ils ont sur différents enjeux », soutient le maire Xavier-Antoine Lalande.

Les principaux enjeux concernaient le financement des infrastructures, un enjeu qui touche l’ensemble des Laurentides. « Comme une bonne partie de la région, notre ville et la circonscription vivent une forte croissance démographique », indique le maire.

Mais pour ce débat-ci, dit le maire, les enjeux étaient beaucoup plus locaux que lors des débats des années passées. Selon lui, cela s’explique par la révision de la carte électorale.

Entre discrétion et pertinence

Le maire dit vivre un véritable dilemme chaque fois qu’il anime ces débats. Il doit donc naviguer entre discrétion et pertinence.

« J’aurais pu intervenir à de multiples reprises. Justement, ce n’est pas mon rôle de le faire. Mais il est quand même arrivé, j’ai essayé de réserver quand même mes interventions pour leur demander de clarifier », explique-t-il, soulignant que « c’était un peu mon rôle de gratter, d’aller chercher des éléments un peu plus concrets qui s’appliquaient au territoire », mentionne le maire. »

« Ce n’était pas une discussion entre le maire et les candidats. [C’était de] permettre aux candidats de se présenter, de faire valoir leurs arguments, pour que la population et la population de la circonscription puissent se permettre de voter de manière plus éclairée. »

Xavier-Antoine Lalande, maire de Saint-Colomban

Il se dit satisfait de l’exercice qui consacrait sa première partie aux questions des jeunes, des membres du mini-conseil et du comité ados, appelés à s’engager et à comprendre le fonctionnement de leur ville. Le maire explique que l’éducation civique et la qualité de l’information transmise aux citoyens font partie de ses principales motivations depuis ses débuts en politique municipale.

Toutefois, il déplore le manque d’engagement des candidats envers les Laurentides. « J’aurais aimé entendre beaucoup plus d’engagements régionaux, beaucoup plus d’engagements locaux », soutient-il.

« Puis on sent les candidats être pris dans une dynamique partisane, de provinciale, une culture par le haut qui les empêche de s’engager et […] d’avoir la liberté de travailler pour leur circonscription, bien avant celui de nuire aux intérêts d’un parti national. »

– Xavier-Antoine Lalande

« Je trouve ça dommage », confie-t-il.

Les cinq candidats ont tous répondu présent à l’invitation du maire. Reste à savoir lequel d’entre eux fera son entrée à l’Assemblée nationale en tant que premier député de la nouvelle circonscription de Bellefeuille le 5 octobre prochain.

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