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Tour Bell à Prévost : une pétition de 1 218 signatures réclame l’abandon du projet

Photo Phoeby Laplante – Le maire de Prévost, Paul Germain, explique les paramètres que la Ville peut utiliser dans le cas de la mégatour Bell qui devra être installée sur le territoire de Prévost.

Tour Bell à Prévost : une pétition de 1 218 signatures réclame l’abandon du projet

Publié le 24/09/2026

Une contestation s’intensifie à Prévost contre le projet d’implantation d’une tour de télécommunication de 75 mètres de hauteur dans un secteur résidentiel, au Versant-du-Ruisseau.

Une pétition lancée au début du mois de septembre avait recueilli 1 218 signatures, selon les opposants, qui demandent à la Ville et à Bell Mobilité de revoir le projet.

La structure projetée, qui compterait environ 25 étages, doit être installée dans un petit boisé situé sur un terrain municipal, à proximité de l’autoroute 15. La mobilisation citoyenne s’étend également à Sainte-Anne-des-Lacs, notamment en raison de la visibilité de la future tour depuis plusieurs secteurs.

Catherine Millette, résidente de Prévost et porte-parole de la mobilisation, affirme que l’ampleur de la réaction citoyenne témoigne d’une opposition importante dans les secteurs concernés.

« Une tour de cette envergure n’a tout simplement pas sa place dans un environnement naturel et résidentiel comme le nôtre », soutient-elle. Elle demande à Bell Mobilité et aux élus « de revoir ce projet et de trouver des solutions alternatives qui respectent notre communauté, notre paysage et le principe de précaution ».

La Ville dit avoir peu de marge de manœuvre

Pour le maire, la question ne se résume toutefois pas à savoir si Prévost souhaite ou non accueillir une tour, mais bien à savoir où elle sera installée.

Paul Germain a expliqué, lors du conseil municipal du 14 septembre dernier, que l’installation des infrastructures de télécommunication relève essentiellement du gouvernement fédéral, qui sous-entend qu’une municipalité ne peut refuser dans le cadre de ses responsabilités une installation d’une tour, en se référant au cas Roger C. Châteauguay à la Cour Suprême.

Selon ses explications, dans le cas d’une tour de 75 mètres, les propriétaires situés dans un rayon correspondant à trois fois sa hauteur, soit environ 225 mètres, doivent être avisés.

Le maire soutient néanmoins que Prévost est allée plus loin que les exigences fédérales en matière d’information.

« La Ville de Prévost, pour s’assurer qu’il y ait un maximum de citoyens qui soient mis au courant, a fait l’avis sur son site Internet », a-t-il expliqué, évoquant également une publication sur les réseaux sociaux et la séance d’information tenue le 2 septembre.

Un avis qui diffère de celui de Mme Millette, qui affirme que plusieurs citoyens du secteur n’auraient pas été informés directement du projet, au cours du porte-à-porte pour signer sa pétition.

« On a essayé d’éviter le pire »

Le maire a expliqué que Bell aurait étudié une dizaine de sites au cours des neuf dernières années. Parmi les endroits évoqués pendant la séance figuraient notamment des terrains près du cimetière sur la route 117, de la rue Louis-Morin, du secteur de Canot-Nord-Ouest, du parc de la Rivière-du-Nord et même au cœur du village de Shawbridge.

Certains auraient été écartés en raison de leur proximité avec des résidences, une école, des garderies ou parce que les propriétaires concernés avaient refusé, pour décider de l’installer au Versant-du-Ruisseau.

Paul Germain affirme que le site actuellement envisagé représente donc, selon la Ville, un compromis entre les exigences techniques de Bell et les impacts sur la population.

« Cet emplacement-là […] n’est pas parfait, je le conviens. Il n’est pas parfait. Mais c’est le meilleur des sites », a-t-il déclaré.

Le maire a également affirmé que la Ville avait refusé par le passé certains emplacements qu’elle jugeait plus problématiques.

Santé, paysage et patrimoine au cœur des inquiétudes

Les opposants soulèvent également plusieurs préoccupations quant aux conséquences possibles de la tour sur le milieu de vie.

Le projet se trouverait notamment à proximité de secteurs résidentiels et de la réserve naturelle Alfred-Kelly. Les citoyens craignent que la structure transforme de façon importante le paysage, alors que le secteur comprend des éléments considérés comme ayant une valeur naturelle et patrimoniale.

« On vient ici pour avoir une belle vue, un lac où est-ce qu’on peut aller nager, tout ça, une réserve naturelle en face. Et puis là, on va aller mettre une méga-tour », déplore Mme Millette dans l’entrevue.

Paul Germain a indiqué que la Ville avait déjà fait appel à des experts de santé publique du Québec pour discuter des champs électromagnétiques.

« On a pris des experts indépendants », a-t-il déclaré. On a fait venir des experts de la santé publique du Québec il y a quelques années ici. Et toute une soirée, ils nous ont informés sur les zones électromagnétiques ».

Le maire a dit faire confiance à ces experts et s’est dit prêt à rencontrer de nouveau des représentants de la santé publique.

Ce dernier invite donc la population qui voudrait faire des représentations auprès de Bell Canada, dans le cadre d’une opposition au projet, à organiser une rencontre avec le député fédéral des Pays-d’en-Haut, Tim Watchorn.