icon journal
Un campement occupé démantelé par erreur à Saint-Jérôme

Photo Phoeby Laplante – Patrice Beauchamp, citoyen de Saint-Jérôme en situation d’itinérance, affirme que son campement a été démantelé par erreur le 18 août.

Un campement occupé démantelé par erreur à Saint-Jérôme

Publié le 14/09/2026

Alors que la Ville de Saint-Jérôme lance une démarche visant à élaborer sa toute première politique municipale en matière d’itinérance, un citoyen en situation d’itinérance affirme que son campement, toujours occupé, a été démantelé par erreur par la Ville.

Le 18 août, Patrice Beauchamp, citoyen de Saint-Jérôme depuis plusieurs années, qui affirme avoir fait le choix de vivre en situation d’itinérance, a constaté que son campement situé au centre-ville avait été démantelé. Selon lui, la Ville lui aurait par la suite indiqué qu’il s’agissait d’une erreur.

« Ma maison avait disparu »

Selon son témoignage, le campement n’avait pourtant rien d’un lieu abandonné.

« Mon campement avait passé le test pour l’hiver. J’étais confortable. Je n’étais pas en danger. J’étais en sécurité », raconte-t-il.

Il explique que deux autres personnes installées à proximité avaient reçu des avis leur demandant de quitter les lieux. Lui, dit-il, n’en aurait reçu aucun.

À son retour, le constat aurait été brutal.

« Je suis arrivé, un mardi. Plus rien. Ma maison avait disparu », raconte M. Beauchamp. « Il ne restait même pas un “botch” de cigarettes à terre. C’était impeccable. »

M. Beauchamp affirme que la Ville lui a présenté ses excuses pour l’erreur, mais qu’il n’a reçu aucune compensation.

Dans un auditorium, une personne assise au premier plan écoute, tandis que le public l’entoure sur des rangées de siègesેણ
Photo Ville de Saint-Jérôme – Patrice Beauchamp, au conseil de ville du 25 août.

Des biens personnels jetés aux ordures

Le témoignage de M. Beauchamp fait état de vêtements, de literie et d’autres biens personnels qui auraient été jetés dans un conteneur à déchets.

« Mon linge est plié dans ma valise. Mon lit est monté. Mes oreillers sont là. C’est clairement pas abandonné », soutient-il.

Il affirme qu’une policière aurait elle-même soulevé des doutes quant au caractère abandonné du campement, mais que l’intervention aurait néanmoins été menée.

La nuit suivant la découverte du démantèlement, M. Beauchamp dit s’être présenté au poste de police afin de demander de l’aide pour récupérer ses biens.

« Le policier m’a dit qu’il comprenait beaucoup ma situation, qu’il faisait froid puis que j’étais en tee-shirt, que je n’avais plus rien, plus de lit, plus d’oreiller, plus de maison. Il comprenait, mais il fallait que j’attende à demain », raconte-t-il.

Il affirme finalement avoir franchi une clôture afin de récupérer lui-même les biens qu’il pouvait encore retrouver dans le conteneur.

Une intervention silencieuse au conseil municipal

Au conseil de ville du 25 août, Patrice Beauchamp s’est présenté au micro durant la période des questions. Alors qu’il avait deux minutes pour poser une question, il est demeuré silencieux devant les élus. Il explique avoir voulu ainsi dénoncer le démantèlement de son campement et le manque de réponse du conseil municipal.

« Quelle question pourrait trouver réponse ici? », a-t-il demandé.

Le président, Marc-Antoine Lachance, lui a fait signe d’aller s’asseoir à plusieurs reprises, lui reprochant de faire perdre du temps aux personnes présentes.

« On comprend la situation, mais dans le contexte d’une période des questions, il y a des règles à respecter », précise M. Lachance.

Marc-Antoine Lachance et le maire de Saint-Jérôme, Rémi Barbeau, ont affirmé ne pas être au courant des détails de l’opération de démantèlement du campement de M. Beauchamp.

Par ailleurs, la Ville de Saint-Jérôme a annoncé, le 31 août, le lancement d’une consultation publique devant mener à l’élaboration d’une politique municipale en matière d’itinérance et d’un plan d’action.

Jusqu’au 15 septembre, citoyens, organismes et commerçants peuvent notamment faire connaître leur point de vue. Des consultations ciblées auprès de personnes en situation d’itinérance sont également prévues.

M. Beauchamp affirme qu’il n’entamera pas de poursuite contre la Ville. Il dit « ne déranger personne » et souhaite désormais qu’on le laisse en paix.