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Un premier centre de jour spécialisé en soins palliatifs pour les Laurentides

Photo Henriette Sena

Un premier centre de jour spécialisé en soins palliatifs pour les Laurentides

Publié le 18/06/2026

Le pavillon est neuf, le service est inédit dans la région, et le besoin, lui, n’a rien de récent.

Depuis le 28 avril dernier, Pallia-Vie accueille à Saint-Jérôme des personnes en soins palliatifs dans un centre de jour spécialisé, le premier du genre dans les Laurentides, selon l’organisme fondé en 1983.

Le centre de jour s’adresse à une clientèle qui se trouvait jusqu’ici dans une zone grise du système : des personnes atteintes d’un cancer ou d’une maladie incurable, en soins palliatifs, mais pas encore en fin de vie immédiate. Ces personnes ne sont ni hospitalisées ni entièrement autonomes à domicile. Les services sont offerts gratuitement, tant aux personnes atteintes qu’à leurs proches aidants.

Le projet a mis des années à prendre forme. En septembre 2024, le gouvernement du Québec annonçait une contribution de 50 000 $ à la Fondation Pallia-Vie dans le cadre d’une campagne de financement dont l’objectif total était fixé à cinq millions de dollars. Ce montant visait à soutenir la construction de cette nouvelle installation en soins palliatifs dans la région, un projet décrit par le CISSS des Laurentides comme issu de la communauté et s’inscrivant dans le plan d’action ministériel 2020-2025 pour un accès équitable aux soins palliatifs. La différence entre la contribution publique et le coût réel de la construction a été comblée par des donateurs individuels, des entreprises et des fondations privées.

Le nouveau pavillon, baptisé Diane Richer Guénette, In Memoriam, Fondation Famille Guénette, abrite non seulement le centre de jour, mais aussi une clinique ambulatoire et les services d’accompagnement de l’organisme. Selon Pallia-Vie, l’approche intégrée et précoce offerte dans ce nouveau lieu permettra de soulager plus tôt les personnes atteintes et de les accompagner de manière personnalisée.

Un besoin appelé à croître

La pertinence de ce type de service s’appuie sur un constat documenté à l’échelle provinciale. Selon l’Institut de la statistique du Québec, le nombre de décès au Québec devrait passer de 68 600 en 2018 à plus de 100 000 en 2042, ce qui signifie que les besoins en soins palliatifs s’accentueront considérablement dans les années à venir. Les organismes communautaires comme Pallia-Vie se positionnent comme un maillon entre le réseau public et les familles, dans un contexte où l’accès équitable aux soins palliatifs demeure un objectif encore inégalement atteint selon les régions.

Le démarrage du centre de jour est progressif. Une journée par semaine au lancement, une deuxième ajoutée dès la mi-juin, une troisième envisagée selon la demande. Par journée d’activité, l’organisme estime accueillir entre dix et douze personnes.

« On est là dès le début des soins palliatifs, mais aussi pour la fin de vie — pour la personne atteinte, pour toute sa famille, son entourage, ses proches aidants », indique Marie-Eve Gervais, directrice générale de Pallia-Vie.

La réponse de la communauté, selon Mme Gervais, a dépassé les attentes initiales. Des journées portes ouvertes sont organisées chaque lundi depuis l’ouverture et la prochaine est prévue le 22 juin. Les professionnels de la santé et le grand public y sont invités afin de s’informer, de visiter les lieux et de poser leurs questions.

La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, présente lors de l’ouverture officielle, a rappelé que ce centre vient compléter un continuum régional comprenant l’hôpital, l’oncologie, les soins à domicile et la maison de soins palliatifs.

Les personnes souhaitant obtenir de l’information ou visiter les installations sont invitées à consulter le site de Pallia-Vie ou à communiquer directement avec l’organisme.