Si d’importants besoins persistent, la hausse de la population étudiante n’est pas aussi alarmante qu’ailleurs, avec un surplus de 5 % à la présente session, en comparaison d’août 2025. De quoi calmer un peu les appréhensions de la directrice générale, Patricia Tremblay.
Cela dit, l’établissement collégial, qui est complété du pavillon satellite de Mont-Tremblant et de celui de Mont-Laurier, connaît une réelle croissance. En deux ans, 700 étudiants se sont ajoutés sur les bancs, occasionnant un manque d’espaces. Conséquences : le nombre de locaux pour la tenue des cours est restreint et les installations sportives sont insuffisantes.
Pour pallier la situation, le cégep doit réorganiser les lieux et même faire preuve de débrouillardise, quitte à dispenser certains cours dans des salles de réunion et à tenir des réunions dans des bureaux de travail. Certains espaces deviennent des classes et certaines classes, des laboratoires. « On est très créatifs, mais là je vous avoue qu’on commence à atteindre notre limite », lance sur un ton légèrement ironique Mme Tremblay.
Un nouveau pavillon d’ici 2028
Mais les choses progressent. Alors que certains projets demeurent encore dans les cartons, certains verront le jour bientôt. Avec l’aval ministériel obtenu l’hiver dernier, le projet d’agrandissement du pavillon de génie s’amorce enfin. Une fois les derniers travaux finalisés en 2028, environ 825 étudiants pourront y prendre place dans les 14 classes supplémentaires.
D’ici là, les étudiants des programmes techniques de génie des matériaux composites et de génie mécanique doivent suivre une partie de leur formation au Centre d’innovation YMX, à Mirabel, note au passage Mme Tremblay. « Et pour maintenir l’expérience étudiante la plus enrichissante et la plus facile possible, on offre le transport gratuit. Le cégep a mis en place une navette », ajoute-t-elle.
Ce nouveau pavillon ne suffira toutefois pas à desservir adéquatement une clientèle étudiante qui croît d’année en année. Mme Tremblay affirme que le campus principal de Saint-Jérôme devra aussi être agrandi d’ici 2030, question de répondre aux besoins de tous. Le projet est actuellement à l’étude du PQI. « On se croise les doigts pour qu’au prochain PQI 2036, le Secrétariat du Conseil du trésor nous confirme que notre projet va pouvoir aller de l’avant », affirme Mme Tremblay, qui y voit l’occasion d’agrandir la bibliothèque et les installations sportives.
Initiatives novatrices pour l’hébergement
Comme dans bien d’autres établissements collégiaux, l’hébergement demeure insuffisant pour y loger les étudiants, qui font face eux aussi à la crise du logement abordable… avec un revenu nettement inférieur à celui d’un travailleur salarié.
La direction générale planche sur un projet de logements abordables à Mont-Tremblant, développé par la Fiducie d’utilité sociale de logements abordables de la MRC des Laurentides, qui s’adresse à des travailleurs à revenus modestes et à des étudiants. L’objectif est de pouvoir offrir des unités locatives réellement abordables, en partie réservées aux étudiants et dont le coût serait fixé à 500 $ par étudiant.
« On a fait une sortie pour inciter le gouvernement à nous octroyer le financement parce que notre projet est quand même novateur », soutient Mme Tremblay, qui estime qu’il pourrait devenir un exemple pour bien d’autres régions. « On pense que ce projet-là va voir le jour d’ici deux ans », ajoute-t-elle.
À Saint-Jérôme, le cégep est en pourparlers avec la firme UTILE afin de créer autour de 300 nouvelles chambres étudiantes, sous forme de logements disposant de plusieurs chambres avec partage d’espaces communs. UTILE est une entreprise d’économie sociale qui conçoit, construit et gère les logements de manière responsable et sans but lucratif.
Ajustements administratifs
Si le budget de fonctionnement accordé par le ministère de l’Enseignement supérieur ne correspond pas aux attentes de Mme Tremblay, celle-ci avoue que les coupures anticipées à la toute veille du dépôt du budget Girard de mars dernier ont été nettement moins sévères que ce qu’elle craignait.
Il a tout de même fallu des ajustements pour faire face à la musique. Les réductions nécessaires ont ainsi été réparties dans plusieurs secteurs « afin d’éviter des réductions directes des services », laisse entendre Mme Tremblay.
Celle-ci indique d’ailleurs que le manque à gagner de son établissement n’est nullement attribuable à l’absence d’étudiants étrangers, que l’on dénombre à quelque 200 individus par année. « Le recrutement international n’est pas une priorité pour nous puisque nous manquons déjà d’espace pour répondre à la demande locale », souligne la directrice générale.
Cette dernière ne prévoit pas l’instauration de nouveaux programmes au cours de l’année 2026-2027. Les deux plus récents programmes techniques d’inhalothérapie et de physiothérapie entament leur troisième année et entraîneront la diplomation d’une première cohorte au printemps 2027.
Le cégep caresse l’idée d’instaurer un programme de techniques policières entre ses murs, pour la clientèle laurentienne, mais fait face jusqu’à présent à une fin de non-recevoir de la part du MES. Il n’est pas question de s’arrêter en si bon chemin : on reviendra à la charge, laisse entendre la directrice générale du Cégep de Saint-Jérôme, Patricia Tremblay.

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