Un moment unique en compagnie d’un compositeur renommé sur la scène internationale.
Au fil des ans, l’artiste d’origine française, mais élevé à Ville-Émard s’est bâti une solide réputation. Sa tournée dans la Belle Province sera ainsi entrecoupée à trois reprises en raison de sa participation à trois concerts classiques en sol européen.
D’ailleurs, le musicien sera honoré au Gala des ambassadeurs pour la paix, le 24 octobre prochain à Toronto, une distinction qui lui conférera une reconnaissance internationale pour son apport à la paix et à la culture, laissait savoir récemment l’équipe du Théâtre Gilles-Vigneault. Rappelons aussi que son concert pour André Mathieu a fait connaître une certaine culture musicale du Québec dans 54 pays.
Une sensibilité inspirée
Sur scène, l’artiste se confie sur ses préoccupations, ses blessures. Le musicien à l’accent français a été victime d’intimidation et de violence de la part d’autres écoliers, parmi lesquels des membres du Clan Dubois. Cette période et le peu de soutien familial ont laissé des traces indélébiles chez lui.
Sa musique en témoigne. L’homme derrière le piano est un musicien doté d’une sensibilité qui s’entend à chacune de ses notes. Son pianotement se fait le plus souvent émouvant, parfois intense, et même quelquefois léger. Chacune de ses pièces exprime des émotions délicates, tantôt joyeuses, tantôt empreintes de fragilité.
Son œuvre est empreinte de son histoire personnelle, de ses coups de cœur, de ses rencontres malheureuses et de celles qui le touchent profondément. Ses pièces racontent des histoires, ses réflexions intérieures sur le sort du monde.
En composant Consolation au lendemain de la période pandémique, le musicien souhaitait offrir une œuvre teintée de ses réflexions alors que l’on croyait avoir vécu l’une des périodes les plus inquiétantes de l’histoire de l’humanité, nous a-t-il glissé en s’introduisant sur scène.
« Désarroi, solitude, impuissance, incertitude et résilience sont autant d’empreintes qui ont marqué notre conscience collective pendant cette dernière pandémie. Privé de mon public, comme tous les artistes des arts de la scène, ce fut une épreuve, conjuguée au pluriel par d’autres dont la souffrance fut encore plus grande. Ce nouvel opus est pour eux… Puisse ma musique apaiser les séquelles et les cicatrices, qu’elles soient physiques ou morales, dans ce monde postpandémique où hélas, l’intolérance, la haine, la violence et les conflits font encore des victimes. »
Plus encore : « Consolation se veut un baume, un havre de paix, un rai de lumière sur notre humanité », a-t-il lancé avant de jouer sa première pièce de ce nouvel album qui compte onze morceaux. Mais pour ce récital de tournée, le musicien s’est montré généreux en interprétant 15 de ses pièces.
Les titres : Sas Agapo – Au fil du temps – Parfum d’ivresse – Nouveau départ – Grand carnaval – Écho du cœur – Premier rendez-vous – Séduction – Vers l’horizon – Barbe à papa – Consolation – Fatalité – Philotimo.
Domino et Magic Panda
Il nous a aussi offert la pièce Domino, musique rendant hommage à une dame croisée lors d’un événement mondain et dont on se moquait pour sa peine à la mort de son petit chien. Touché par la situation, il lui a consacré une pièce.
Le musicien ne se gêne point pour défendre les aînés, les personnes handicapées, les enfants, dont le sort le préoccupe plus que sa notoriété et les mondanités dont il pourrait tirer avantage. Il nous raconte avoir été bouleversé en apprenant la mort de deux personnes s’étant retrouvées sans logis du jour au lendemain et jetées ainsi à la rue. Il compte d’ailleurs s’activer prochainement à l’organisation d’un gala afin de lever des fonds pour l’organisme Mission Old Brewery.
Polyvalent, le musicien s’est permis d’explorer l’univers musical asiatique en composant Magic Panda, uniquement à partir des touches noires. La pièce a plu au public asiatique… ainsi qu’au public laurentien pour lequel il l’a rejouée en guise de rappel, après avoir interprété Fatalité : « parce que l’injustice m’écoeure ».

MOTS-CLÉS
Saint-Jérôme
Théâtre Gilles-Vigneault
Alain Lefèvre
Consolation