Menée depuis plus de deux ans, avec la collaboration de participants des ateliers des Impatients, un organisme qui accompagne des personnes vivant avec des enjeux de santé mentale, l’artiste propose une exposition d’œuvres de gravures utilisant la collagraphie à partir des matériaux recyclés. Ces œuvres ont été créées à l’occasion d’ateliers de gravure tenus à l’automne 2025, avec la collaboration d’Alexandra Perras-Chenail, responsable des ateliers des Impatients.
L’artiste explique que le projet est né d’une réflexion amorcée pendant la pandémie, alors qu’elle cherchait à renouer avec les écosystèmes naturels et les formes de savoir qui les habitent.
« En me rapprochant des plantes indigènes et des milieux humides, j’ai compris l’importance de prendre soin de ces espaces vivants. J’ai ensuite réalisé que les ateliers des Impatients étaient eux aussi des écosystèmes, des lieux où plusieurs personnes interagissent pour maintenir un espace fertile et vivant », explique-t-elle.

Un projet qui a failli ne jamais voir le jour
Le parcours n’a toutefois pas été sans embûches. Selon l’artiste, le projet a traversé plusieurs périodes d’incertitude avant de finalement être accepté et réalisé.
« À un moment donné, j’ai vraiment cru que le projet n’allait jamais se faire, raconte-t-elle. Quand il a finalement été accepté, ç’a été une immense victoire. Aujourd’hui, voir cette exposition et la qualité du travail accompli par les participants me rend extrêmement fière ».
Pour favoriser la participation de tous, Marilyse Goulet a choisi la collagraphie, une méthode qui permet une grande liberté de création, même pour les personnes ayant des limitations physiques.
« Je voulais une technique que tout le monde puisse pratiquer. Certaines personnes avaient des tremblements ou des difficultés de motricité fine. La collagraphie permet d’obtenir des résultats riches sans exiger une grande précision technique », souligne-t-elle.
Les participants ont travaillé à partir de cartons recyclés, de découpages et de superpositions de textures inspirées du monde végétal. Le processus privilégiait l’expression personnelle plutôt que la performance artistique.

L’art comme outil de mieux-être
Au-delà des œuvres produites, l’expérience a démontré à l’artiste la portée sociale et thérapeutique de la création.
« Pendant les ateliers, plusieurs participants me disaient qu’ils oubliaient leurs difficultés lorsqu’ils créaient, affirme-t-elle. Ils entraient dans un espace où ils pouvaient simplement être eux-mêmes, sans jugement. Ma plus grande fierté, ce sont les relations humaines qui se sont développées, la confiance qui s’est construite et tout ce que nous avons appris les uns des autres », dit-elle.
L’exposition s’inscrit dans une volonté plus large de rendre les arts accessibles à tous les publics, peu importe leur parcours ou leurs défis personnels.
« Les espaces culturels doivent être accueillants pour tout le monde. L’art peut créer des lieux sécuritaires qui favorisent la guérison, les rencontres et le sentiment d’appartenance », estime l’artiste.
Le vernissage a eu lieu le 15 février au Musée d’Art Contemporain des Laurentides. L’exposition est accessible gratuitement et devrait demeurer présentée pendant toute la saison estivale, jusqu’au 20 septembre.

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Saint-Jérôme
MAC LAU
Marilyse Goulet
Les Impatients