Son premier roman, École Courage, lancé le 30 août prochain à la Vieille Gare de Saint-Jérôme, s’appuie sur son expérience d’enseignant pour remettre en question certains fondements du système éducatif québécois.
À travers le personnage fictif de Julien Pinsonneault, l’auteur aborde des thèmes comme la perte de sens du métier d’enseignant, la pression de performance, la créativité en classe et le rôle que devrait jouer l’école dans la société.
« École Courage est plus qu’une histoire. C’est une vision de ce que pourrait devenir l’école lorsqu’on remet l’humain, le développement global des jeunes et le courage de penser autrement au centre des apprentissages », résume Benoit Therrien.
Un constat forgé par trois décennies en classe
L’ancien enseignant affirme avoir voulu écrire ce livre après avoir observé, pendant plusieurs années, les difficultés auxquelles sont confrontés les enseignants.
« Beaucoup quittent la profession dans les cinq premières années, reconnaît-il. Le métier est exigeant, les débuts sont difficiles et il faut attendre une quinzaine d’années avant d’atteindre le maximum salarial. Il y a peu de reconnaissance et énormément d’obstacles. »
Selon lui, ces difficultés ne représentent toutefois qu’une partie des problèmes abordés dans son roman. Benoit Therrien y défend notamment l’idée que le système d’éducation manque de « courage » pour remettre certaines de ses pratiques en question.
La créativité au cœur de sa réflexion
Entre 1998 et 2011, Benoit Therrien dit avoir mis sur pied un programme d’harmonie où des élèves et leurs parents jouaient ensemble de la musique après les heures de classe. L’initiative aurait notamment permis à un groupe d’effectuer un échange culturel en Italie, avant que sa poursuite ne soit compromise.
« La bureaucratie et les règlements syndicaux limitent énormément la créativité, soutient-il. Les enseignants doivent être rémunérés pour toute activité en dehors de leur tâche régulière. Ça décourage l’implication volontaire et, tranquillement, on a perdu cet esprit communautaire. »
Au-delà de la critique, Benoit Therrien avance dans son livre plusieurs pistes de réflexion. Il propose notamment d’allonger légèrement le calendrier scolaire, de revoir la répartition des vacances et de favoriser une plus grande implication des parents dans la vie des établissements.
« Les parents devraient contribuer au moins une heure par mois à leur école, dit-il. L’école devrait devenir un véritable milieu de vie où toute la communauté participe. »
L’auteur estime également que le système accorde une importance excessive aux résultats mesurables.
Dans son roman, il défend une conception de l’éducation davantage axée sur l’humanisme, la philosophie, les valeurs et la pensée critique.
« On est beaucoup trop centré sur les examens, la performance et les indicateurs. On oublie parfois l’essentiel : former des êtres humains capables de réfléchir, de collaborer et de développer leur jugement », affirme-t-il.
Un appel au dialogue
Plutôt qu’un programme politique, Benoit Therrien présente son livre comme une invitation à ouvrir un débat sur l’avenir de l’école québécoise.
« Le courage, c’est cette étincelle qui nous pousse à agir malgré les obstacles. Si nous voulons transformer l’école, il faudra remettre l’humanisme, la créativité et la communauté au cœur de nos décisions. »

MOTS-CLÉS
Saint-Jérôme
Benoit Therrien
École Courage