L’invitation prend d’ailleurs une drôle de résonance pour l’actrice qui, à 66 ans, semble encore se faire à l’idée qu’elle fait désormais partie des aînés.
« Pour moi, les aînés, c’était loin. C’était comme sur la planète Pluton. […] Je me rends compte que je suis une aînée. Qu’est-ce qui s’est passé? Je suis rendue là. On ne se sent pas comme ça. C’est comme si, du jour au lendemain, on se réveillait là. »
Une prise de conscience qu’elle raconte avec le débit qu’on lui connaît, mais qui l’amène aussi à réfléchir au regard que l’on porte sur ceux qui vieillissent. En regardant Béatrice Picard, dont l’amitié est d’ailleurs à l’origine de sa présence au Salon, elle réalise aujourd’hui plus clairement quelque chose d’évident : Béatrice Picard aussi a déjà été jeune.
« Tous les aînés que je côtoie dans ma vie, ils ont déjà été jeunes. Et puis moi aussi, je vais vieillir. Puis je vais devenir encore plus vieille. […] Il me semble qu’on a tendance à cloisonner les groupes en fonction de leurs caractéristiques, des catégories. Mais on est tous des anciens bébés puis des futurs vieux. Puis on est dans ce mouvement-là. »
Le Bézoard
C’est donc pour présenter Le Bézoard que Pascale Montpetit sera à Saint-Jérôme. Un livre impudique, selon ses propres mots, dans lequel elle utilise l’autofiction pour plonger dans ses souvenirs familiaux et aborder le cancer, les troubles alimentaires et l’inceste.
Malgré cela, Montpetit assure que Le Bézoard n’est pas uniquement un livre sombre. « Je voulais écrire un livre drôle sur des sujets vraiment difficiles. […] J’essayais de mettre, le plus possible, quand c’était possible, de l’humour noir. »
Pourquoi un premier livre maintenant? Sa réponse est directement en phase avec le populaire événement du 12 septembre. « Je me disais : “Quand tu auras 65 ans, tu vas avoir le droit de dire ce que tu penses.” C’est comme si, quand je vais avoir des cheveux blancs, je vais avoir acquis le droit de dire vraiment ce que je pense et d’être vraiment qui je suis. C’est un peu absurde, mais c’est une fantaisie que j’avais comme ça. »
Aurait-elle pu l’écrire à 40 ou 50 ans?
« Jamais de la vie. »
Une rencontre sans scénario
Il s’agira d’un premier Salon des aînés pour l’actrice-auteure et elle compte en profiter.
« Je m’en vais là avec une ouverture et une disponibilité, et c’est ça qui est le fun. […] De penser qu’il y a des gens qui se déplacent, qui déplacent leur corps. Je déplace mon corps là-bas, eux autres déplacent leur corps là-bas, et on va se rencontrer. […] Je me réjouis de ça. »
Une rencontre entre une autrice et ses lecteurs. Mais aussi celle d’une femme qui, alors que la société se fait souvent accuser de chercher à cacher ses aînés, voit dans son âge la permission qu’elle avait attendue toute sa vie pour enfin briser le silence.
Pour Pascale Montpetit, ce sera « une improvisation, dans le bon sens du terme ».

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