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Thomas Hellman, le mythomane inspiré par les dieux grecs

Photo : Courtoisie -Mathieu Rivard

u-delà de la chanson, Thomas Hellman est aussi un repreneur de mythes anciens.

Thomas Hellman, le mythomane inspiré par les dieux grecs

Publié le 28/01/2026

Attention, les dieux de l’Olympe s’en viennent à Saint-Jérôme.

Thomas Hellman tiendra l’affiche de la salle Anthony Lessard le 30 janvier prochain avec ses contes s’articulant autour de la mythologie grecque et ses personnages plus grands que nature qu’il propose de faire découvrir sous forme d’histoires et de chants de son cru.

Le spectacle Mythomane, c’est celui de Thomas Hellman que l’on a d’abord connu comme chanteur puis comme chroniqueur sur les ondes de Radio-Canada où il racontait ses histoires bien imagées à l’émission Dessine-moi un dimanche. Il était déjà question de mythologie.

En fait, l’idée d’explorer la mythologie lui est venue un soir de pluie battante, alors qu’il campait avec sa fille et ses copines. « Je me suis mis à leur raconter L’Odyssée en chantant de vieilles chansons folks de ma famille américaine avec une petite guitare. Les petites filles étaient fascinées », se souvient l’artiste qui parcoure les scènes depuis plus de 25 ans.

Après des années de spectacles musicaux, voilà que le conte venait s’ajouter à ses défis créatifs. Le succès radiophonique remporté par sa trentaine de chroniques d’un autre temps, pendant trois ans, a suscité l’intérêt de Michel Faubert, autre illustre conteur, qui l’a convaincu de transposer le tout en un spectacle complet, acceptant du même coup d’en faire la mise en scène.

Dans ce spectacle intitulé Mythomane, il n’est évidemment pas juste question de l’univers d’Homère, qui reste le plus connu du grand public grâce à L’Iliade et L’Odyssée. Thomas Hellman s’est intéressé à la création du monde, du point de vue des Grecs.

Au tout début de l’univers

« Je me suis basé principalement sur les premières pages de la Théogonie de Hésiode (poète grec). Je puise un peu à droite et à gauche. Je me suis quand même permis beaucoup de liberté dans la mesure où, en créant le spectacle, je voulais vraiment qu’il y ait un fil conducteur du début jusqu’à la fin, je ne peux pas juste raconter un conte après l’autre sans lien. Je n’ai pas vraiment transformé la mythologie grecque, parce que je prends des mythes qui existent, que je raconte à ma façon. Toute l’histoire tourne autour du thème de la création du monde », raconte l’artiste Hellman.

« Je raconte la création de l’univers, l’arrivée des premiers dieux, des premiers humains, et puis finalement le cumul de tout ça, c’est la naissance du premier Aède, le premier poète errant, le premier conteur. C’est donc un spectacle sur la naissance de la parole vivante. »

Au tout début, il y avait donc Ouranos et Gaïa. Puis vinrent d’autres dieux, d’autres déesses, que l’on connait un peu mieux : Zeus, Athéna, Aphrodite, Prométhée. Parfois il les incarne, parfois il les raconte en chanson. Des chants folks, inspirés de ceux qu’il a entendu dans son enfance. Pour la petite histoire, Thomas Hellman est né de la rencontre d’une Française et d’un Texan, mais a été élevé à Montréal, au son des influences musicales folks et blues.

Pouvoir transformateur des mythes

Il a une affection particulière pour Mnémosyne, déesse de la mémoire et du langage, fille d’Ouranos et de Gaïa et mère des neuf muses. « Elle donne naissance au premier poète et ça, je trouve ça incroyable. La mémoire qui enfante l’inspiration, qui enfante la poésie. C’est tellement fort, je trouve que la mémoire c’est quelque chose de très contemporain. Nous on a un problème contraire à celui de l’époque de la mythologie. Nous, notre problème aujourd’hui, c’est qu’on a trop d’informations », note-t-il.

« Donc, la mémoire se perd dans le trop-plein d’informations. Et je trouve qu’on se cherche dans les vieux textes qui peuvent servir de repères. Je pense que les grands mythes, les grands textes du passé, peuvent permettre d’éclairer notre trajectoire dans le présent. »

« Je crois sincèrement que ce sont des œuvres qui ont un pouvoir transformateur. Et ça j’y crois sincèrement. D’ailleurs, il y a des gens qui viennent voir le spectacle qui réagissent de façon très forte parce qu’on parle de thèmes qui finalement plongent au cœur même de ce que ça veut dire d’être humain. La vie, la mort, la passion. Donc on plonge dans ces thèmes-là et on les aborde d’une façon poétique à travers des histoires. Ce que je trouve incroyable, moi, c’est que ces histoires millénaires sont encore aussi pertinentes aujourd’hui. »

« Je ne suis pas un historien, je ne suis pas un spécialiste de la mythologie. Je suis un conteur, un musicien. Ce qui m’intéresse, c’est de plonger dans ces histoires-là pour voir ce qu’elles ont à nous dire aujourd’hui, sur notre propre époque », souligne-t-il.

Son spectacle, Thomas Hellman le promène de salle en salle depuis deux ans. Il l’a même affiché au Festival Off d’Avignon. Accompagné depuis ses tout débuts par son ami musicien, Olaf Gundel, au clavier, au synthétiseur, aux percussions, à l’harmonica, au banjo et au ukulélé, l’artiste promet un spectacle inédit.