Si elle accueille favorablement la création prochaine d’une table de concertation, la Chambre estime que des mesures immédiates s’imposent pour donner un répit aux entreprises.
« Le centre-ville est essoufflé. Les commerçants se sentent délaissés et il y a énormément de crainte », résume son président, Stéphan Tremblay.
Des solutions attendues à court terme
Le dossier préoccupe la Chambre depuis plusieurs mois. À la suite d’une rencontre avec des commerçants le 27 mai, leurs préoccupations ont été présentées au maire Marc Bourcier le 10 juin, avant qu’un atelier de réflexion soit organisé par la Ville.
Pour Stéphan Tremblay, ces démarches ont permis d’ouvrir le dialogue, mais elles ne répondent pas aux difficultés actuelles auxquelles font face les commerçants.
« Je suis content qu’on puisse enfin se parler, mais ça, c’est du long terme. »
La Chambre souhaitait notamment que le stationnement soit gratuit pendant trois mois cet été, le temps de traverser une saison compliquée par les travaux et une fréquentation déjà en baisse.
« On a demandé trois mois de gratuité. Au moins trois mois, pour donner un répit aux commerçants. »
Selon la Chambre, la Ville a refusé cette proposition afin d’éviter de laisser croire que le stationnement gratuit redeviendrait permanent.
Pour son président, le principal enjeu demeure toutefois l’absence de mesures transitoires.
« On arrive avec des solutions, des possibilités, puis il ne se passe rien. À court terme, il n’y a rien pour les commerçants. »
Des commerçants inquiets
Selon les commerçants rencontrés, les travaux, les détours, l’accès au centre-ville et le fonctionnement du système Blinkay contribuent tous à décourager une partie de la clientèle.
« On impose une méthode non fonctionnelle, mal expliquée et pas user-friendly. Les gens ne savent pas toujours qu’ils doivent s’inscrire pour obtenir la demi-heure gratuite », soutient Georges-Étienne Gagnon, propriétaire du Prana Café.
Virginie Perron, conseillère au développement et à l’expérience membre à la Chambre, estime que cette situation ajoute un stress inutile aux visiteurs.
« La première chose que tu as faite en arrivant, c’est de vérifier ton Blinkay. Ça montre bien le stress que ça crée. »
Les commerçants évoquent également des difficultés techniques avec certaines bornes ainsi qu’une signalisation qu’ils jugent insuffisante.
Plusieurs disent déjà ressentir les conséquences de cette situation.
« Je mange de l’argent tous les mois, présentement », affirme Georges-Étienne Gagnon.
Ils citent également l’exemple du restaurant Soléo, qui a mis fin à son service du midi, ainsi que des réservations annulées et des groupes qui choisissent désormais d’autres destinations.
« Les gens nous le disent clairement : ils ne veulent plus venir au centre-ville à cause du stationnement », ajoute Stéphan Tremblay.
Revoir certaines pratiques
Les contraventions de 120 $ figurent aussi parmi les préoccupations soulevées.
« Un client vient chercher un sandwich. Il pense payer 20 dollars, mais il repart avec une amende de 120 dollars. Je ne le reverrai plus jamais », illustre Georges-Étienne Gagnon.
La Chambre ne remet toutefois pas en question le principe d’une gestion du stationnement. Elle demande plutôt des ajustements, notamment un meilleur affichage, une utilisation simplifiée de Blinkay, le retour d’une période gratuite pour les arrêts de courte durée ainsi qu’une révision des contraventions.
« Est-ce qu’on peut à la limite faire une pause? », demande Stéphan Tremblay.
Poursuivre le dialogue
Malgré les critiques formulées, la Chambre insiste sur sa volonté de collaborer avec la Ville. Elle voit d’un bon œil la création d’une table de concertation, mais estime que les commerçants ont besoin d’aide à court terme.
« Je salue cette initiative-là. Mais il ne faut pas juste s’asseoir pour jaser, il faut aussi être en mesure d’accepter de mettre des choses en place. »
La Chambre souhaite y obtenir un siège afin de représenter les commerçants, une démarche que partage Georges-Étienne Gagnon.
« Je pense que c’est une belle initiative, quand même, de s’offrir la chance de pouvoir discuter. »
En attendant, Stéphan Tremblay lance un appel à la population.
« Soutenez les commerçants que vous aimez. »

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Chambre de commerce et d'industrie Rivière-du-Nord
Stéphan Tremblay