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Les chambres de commerce dénoncent un budget incohérent

Photo Michel Guertin – Alexandre Girard-Duchaine, directeur général de la Chambre de commerce du cœur des Laurentides, réagit au budget 2026-2027 du Québec.

Les chambres de commerce dénoncent un budget incohérent

Publié le 30/03/2026

Dans les Laurentides, des chambres de commerce estiment que le budget 2026-2027 manque de cohérence et n’apportera pas de soutien suffisant aux entreprises.

« Si les dépenses ne suivent pas le coût de la vie, ce n’est pas de la rigueur, c’est de l’austérité », affirme Alexandre Girard-Duchaine, directeur général de la Chambre de commerce du cœur des Laurentides (CCCL), qui accueille avec réserve le budget présenté le 18 mars, tout comme la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ).

Le budget limite la croissance des dépenses gouvernementales à 1,5 %, alors que l’inflation atteindra 2,3 % en 2026. Les chambres s’inquiètent des compressions au ministère de l’Économie et à Investissement Québec, dans un contexte où le déficit demeure élevé et où l’équilibre budgétaire n’est pas prévu avant 2030. L’enveloppe de 1,3 milliard réservée à de futures priorités soulève également des questions sur la cohérence des choix gouvernementaux.

Dans les Laurentides, ces orientations préoccupent des entreprises dont l’activité repose notamment sur le tourisme, la construction et le commerce de détail, dans un contexte déjà marqué par la hausse des coûts et la rareté de main-d’œuvre.

Les indicateurs économiques montrent une stagnation de l’investissement des entreprises, une baisse du PIB manufacturier et un recul des exportations. Dans la région, plus de 40 % des professions sont en déficit de main-d’œuvre, ce qui complique le recrutement.

Des infrastructures à maintenir plutôt qu’à développer

Les chambres notent que 71 % des investissements du Plan québécois des infrastructures sont consacrés au maintien des actifs existants. Dans les Laurentides, plusieurs projets sont attendus, mais les investissements se concentrent surtout sur la réfection des réseaux et des infrastructures existantes. Elles estiment que la région a besoin de projets de développement pour soutenir sa croissance.

La FCCQ et la CCCL saluent l’annonce d’une future stratégie des marchés publics, mais rappellent que la part des contrats attribués à des entreprises québécoises demeure stable depuis dix ans. Elles souhaitent des règles simplifiées et des appels d’offres mieux adaptés aux PME.

Main-d’œuvre : un constat tardif

Le budget reconnaît que certains secteurs pourraient connaître des pénuries de main-d’œuvre accentuées. Pour la CCCL, ce constat reflète une réalité déjà bien présente dans la région.

« Une baisse du taux d’impôt serait beaucoup plus structurante », résume Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la FCCQ.