L’annonce a été faite le 19 février par Carlos Leitão, secrétaire parlementaire de la ministre de l’Industrie et ministre responsable du Développement Économique du Canada (DEC), et Tim Watchorn, député de Les Pays-d’en-Haut.
De gros investissements à Saint-Jérôme et Boisbriand
À Saint-Jérôme, 550 000 $ sont investis au Centre de développement des composites du Québec (CDCQ) du Cégep de Saint-Jérôme ainsi qu’à Usinage Préci-Max, afin de soutenir des emplois spécialisés et favoriser l’intégration de ces organisations aux chaînes d’approvisionnement en défense. Par ces mesures, le gouvernement tend à améliorer l’expertise locale en matériaux avancés et en usinage de précision.
Du côté de Boisbriand, l’entreprise de robotique Kinova reçoit 2,5 millions $. Kinova, reconnue pour ses solutions robotiques innovantes, pourra ainsi accélérer son positionnement dans les chaînes d’approvisionnement nationales et internationales liées à la défense.
« Ça fait trop longtemps qu’on s’appuie sur les Américains »
Membre du Comité permanent de la défense nationale, Tim Watchorn situe ces investissements dans un contexte où l’économie canadienne s’appuie beaucoup trop sur les Américains. « Une des raisons pourquoi je me suis présenté en politique fédérale, c’est à cause de Donald Trump, révèle M. Watchorn. Je me suis dit : j’ai 56 ans, je suis trop vieux pour me joindre à l’armée pour défendre mon pays, mais je ne suis pas trop vieux pour [défendre mon pays économiquement] ».
Pour le député, l’augmentation des budgets en défense répond à un « nouveau monde », où le Canada doit accroître son autonomie stratégique. « La relation qu’on avait avec les États-Unis, ça ne sera plus jamais pareil, même si le président actuel n’est pas là. Ça fait longtemps qu’on aurait dû le faire. Il faut absolument être capable de se défendre plus nous-mêmes. »
Une transformation économique assumée
Interrogé sur le virage plus affirmé de l’État vers la défense, Tim Watchorn estime que le contexte international a changé la donne. « Le premier ministre l’a tellement bien dit à Davos : on est dans un nouveau monde. Il faut apprendre à avoir de nouveaux partenaires d’affaires, de nouveaux partenaires à la défense. »
Il rappelle également les discussions récentes concernant la possibilité pour la Caisse de dépôt d’investir davantage dans le secteur. Au-delà de la géopolitique, le député insiste sur les retombées locales.
« Plus on a de bons emplois dans les Laurentides, moins on a de monde sur l’autoroute, moins de trafic, moins de gaz à effet de serre, et plus de qualité de vie. »
Avec près de 3 M$ annoncés en une seule journée, la région se taille une place dans un secteur appelé à prendre de l’ampleur. Reste à voir si cet élan marquera le début d’un repositionnement durable des Laurentides comme pôle industriel de la défense au Québec.

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