Depuis quelques années, l’usine a subi plusieurs changements structurels, entre autres son rachat par la compagnie américaine Sustana en 2014, un nouveau propriétaire (la société d’investissement américaine Blackstone avait racheté Sustana en 2021) et un changement de non définitif pour la Sustana Solutions, section Saint-Jérôme. Maintenant, elle sera l’usine du réemploi.
Une décision stratégique
L’aménagement de l’usine, un espace commercial de 80 000 pieds carrés, deviendra le premier centre d’achat du genre en Amérique du Nord et le plus vaste au monde. « On voulait continuer à investir dans les Laurentides et aller sur la couronne nord de Montréal. Saint-Jérôme, c’est la porte des Laurentides, affirme Myriam Forget-Charland, conseillère principale des communications et des relations publiques de Tricentris. C’est une ville avec une grande population. [C’est] un endroit accessible et stratégique ».
Dévoilé en mai dernier lors du Sommet de l’économie sociale, le projet se concrétise moins d’un an plus tard. Fidèle à sa mission, l’organisation a choisi de réutiliser un bâtiment existant plutôt que de construire à neuf, une décision cohérente avec les principes de l’économie circulaire.
À Saint-Jérôme, le futur centre regroupera entre 15 et 20 boutiques indépendantes, spécialisées dans divers secteurs, comme des vêtements, des meubles, des électroménagers, des articles de sport, des jouets, des chaussures, de la quincaillerie, de l’électronique et plus encore. Des espaces éphémères permettront aussi à des organisations de tester de nouveaux concepts.
« On veut garantir une stabilité des frais de loyer pour une vingtaine d’années, pour empêcher l’espèce d’inflation des loyers et offrir une stabilité aux organisations, explique Mme Forget-Charland. En réunissant différentes entreprises de réemploi sous un même toit, elles peuvent bénéficier les unes des autres. Si je vais magasiner des chaussures, peut-être que je vais découvrir une boutique de meubles que je ne connaissais pas. »
Un concept inspiré d’un modèle suédois
Le concept s’inspire directement de ReTuna Återbruksgalleria, centre commercial pionnier du réemploi situé en Suède, devenu une référence internationale en matière de consommation responsable. Son succès a démontré la viabilité économique d’un modèle commercial entièrement consacré à la seconde main.
« Ce qu’on veut continuer d’augmenter, c’est que dans les mentalités, le réemploi ne soit plus un choix par défaut. On veut démocratiser l’accès au réemploi pour que ça devienne un premier choix. On veut implanter, par exemple, une épicerie anti-gaspi. C’est avec des surplus. Ce n’est pas du réemploi, on s’entend, la nourriture n’est pas mangée, mais ça permet de valoriser des produits et de les rendre accessibles. »
Au-delà des commerces, le centre proposera un espace de restauration, une épicerie anti-gaspillage, d’un Fab-Lab pour la restauration et la transformation d’objets, des ateliers d’entretien et de réparation, d’une zone permanente de réparation inspirée des repair cafés et d’un espace d’échange et d’entraide communautaire.
Le projet s’inscrit dans un contexte où la gestion des matières résiduelles demeure un enjeu majeur au Québec. Selon les plus récentes données provinciales, chaque Québécois génère en moyenne plus de 700 kg de matières résiduelles par année, et plusieurs centaines de milliers de tonnes d’objets encore fonctionnels prennent le chemin de l’enfouissement.
Les travaux d’aménagement devraient débuter à l’automne 2026, pour une ouverture projetée à la fin du premier trimestre 2027. L’adresse exacte sera dévoilée ultérieurement.

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