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Régionalisation : hausse d’invitations dans les Laurentides

Photo Marie Pier Lafleur – Le Programme de sélection des travailleurs qualifiés entraîne une hausse des invitations pour les personnes établies dans les Laurentides.

Régionalisation : hausse d’invitations dans les Laurentides

Publié le 23/03/2026

Depuis décembre 2025, la régionalisation de l’immigration progresse dans la région. Les données gouvernementales indiquent que 77 invitations ont été transmises en février à des personnes en séjour temporaire qui résident déjà dans les Laurentides et souhaitent accéder à la résidence permanente. Le total atteint désormais 193 invitations depuis la mise en œuvre du PSTQ.

Cette orientation vise à mieux répondre aux besoins de main-d’œuvre des régions. Les entreprises des Laurentides, confrontées à des difficultés de recrutement dans plusieurs secteurs, pourraient bénéficier de cette sélection accrue de personnes déjà présentes sur le territoire. La région, en croissance démographique soutenue, attire un nombre croissant de nouveaux arrivants, et le PSTQ semble renforcer cette dynamique.

Un changement par rapport au PEQ

Le Programme de sélection des travailleurs qualifiés se distingue du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), qui reposait sur le principe du « premier arrivé, premier servi ».

En 2024, 60 % des personnes sélectionnées dans le PEQ vivaient sur l’île de Montréal, une concentration que Québec souhaite rééquilibrer. Dans les Laurentides, les trois premières vagues d’invitations du PSTQ dépassent déjà le nombre total de requérants principaux sélectionnés dans le PEQ pour l’ensemble de l’année 2024, qui s’élevait à 151.

Cette transition survient toutefois dans un contexte provincial marqué par plusieurs réactions à la fin du PEQ. Des organisations étudiantes, des groupes d’immigration et des employeurs ont exprimé des inquiétudes quant aux changements apportés aux voies d’accès à la résidence permanente. Le gouvernement soutient pour sa part que le PSTQ permet une sélection mieux adaptée aux besoins régionaux.

Réactions dans les Laurentides

Dans la région, certaines organisations ont déjà fait connaître leurs préoccupations. Le COFFRET, organisme d’accueil et d’intégration basé à Saint-Jérôme, souligne que plusieurs personnes immigrantes occupent des postes stratégiques dans les entreprises locales, notamment dans les secteurs de la santé et des services essentiels.

Sa directrice générale, Marie-Ève Chaloux, indique que la fin du Programme de l’expérience québécoise place certains travailleurs dans une situation d’incertitude alors que leurs permis arrivent à échéance.

« Sans ces personnes, on se demande ce qu’il adviendrait de certains services. Si on ne réagit pas, plusieurs devront quitter le Québec. Ce serait une perte humaine et économique majeure pour notre région », affirme-t-elle.

La Ville de Saint-Jérôme a également joint les municipalités qui demandent au gouvernement de revoir certains aspects de la réforme, invoquant les besoins de main-d’œuvre et la stabilité des parcours migratoires. Ces prises de position montrent que, même si les invitations augmentent dans le cadre du PSTQ, la transition entre les programmes suscite des interrogations dans les Laurentides, tant du côté des organismes que des milieux économiques.

La position de la ministre

« En s’adressant aux personnes déjà installées ici, le Programme de sélection des travailleurs qualifiés devient un outil concret pour soutenir notre région et favoriser un établissement durable des personnes ayant choisi les Laurentides pour y vivre », souligne la ministre responsable de la région, Sonia Bélanger.

Selon elle, la régionalisation demeure un objectif central de la politique d’immigration du Québec et le PSTQ s’inscrit dans une volonté plus large de mieux répondre aux besoins des régions tout en facilitant l’intégration des personnes immigrantes.

Un processus fondé sur la déclaration d’intérêt

Le PSTQ repose sur un système d’invitations fondé sur la déclaration d’intérêt. Les personnes candidates doivent fournir des renseignements sur leur parcours, leur formation et leur expérience professionnelle afin d’évaluer leur adéquation avec les besoins du marché du travail.

Des outils d’information sont mis à la disposition des personnes intéressées afin de mieux comprendre les exigences du programme et les étapes à suivre.