Il s’agit d’une prévision inférieure à celle du plan triennal précédent, adopté en 2024, pour un montant global de 232 M$.
« L’ancienne administration avait décidé de faire un petit coup d’accélération sur certains travaux », indique le maire Rémi Barbeau, expliquant que le PTI est un peu comme une liste d’épicerie, une liste de souhaits. « En moins de 100 jours, on n’a pas eu le temps de faire un PTI révisé avec une prévision de trois ans entiers », affirme-t-il.
Ce programme s’inscrit dans une vision de gouvernance axée sur la cohérence et la rigueur, indique le maire. Selon lui, le PTI traduit la volonté de la Ville « d’investir de façon structurée et rigoureuse et d’utiliser des outils modernes pour mieux gérer la Ville ». Il affirme que son équipe priorise une approche réfléchie, fondée sur les données, la gestion des actifs et des priorités clairement définies.
Préparer le futur
Le PTI, souligne Rémi Barbeau, reflète à la fois un rattrapage infrastructurel et une vision à long terme pour la Ville. Les investissements visent principalement la modernisation et le renforcement des infrastructures d’eau potable, des postes de pompage, des aqueducs afin, dit-il, de maintenir et d’accroître la capacité d’approvisionnement de la Ville.
Le PTI 2026-2027-2028 repose sur quatre projets que la Ville qualifie de structurants, lesquels traduisent la volonté de la nouvelle administration de mieux planifier et de mieux gérer ses actifs municipaux. Comme dans le cas du rachat du bâtiment abritant le Quartier 50+ par la Ville au coût de 12 M$. Il s’agit de « stabiliser les coûts à long terme et de consolider le patrimoine immobilier de la Ville, tout en assurant la continuité des services offerts à la population ».
Les infrastructures, une priorité
Le maire dit faire de la modernisation des infrastructures sa priorité pour les trois prochaines années, en consacrant plus de 94 M$ à cet effet, dont 45 M$ destinés au réseau routier. Il s’agit d’améliorer la durabilité des chaussées, la fluidité de la circulation et la performance globale du réseau, lit-on dans le communiqué de la Ville.
« La priorité, c’est au niveau de nos aqueducs. Tout ce qui est infrastructure, avant que ça coûte trop cher de les perdre, c’est notre priorité numéro un. C’est d’entretenir nos réseaux avant de développer de nouveaux bâtiments qui vont aussi [engranger] des coûts d’entretien chaque année », insiste le maire.
23 M$ seront consacrés aux infrastructures d’eau pour la mise à niveau des réseaux d’aqueduc et d’égout. Il s’agit pour le maire d’éviter les bris d’aqueduc, par exemple, près de la 333, le boulevard des Hauteurs. « On a eu 21 bris dans les sept dernières années, et ces bris-là ont créé du trafic, des arrêts d’eau chez les gens », soulève M. Barbeau, justifiant que « ces investissements vont permettre moins d’instabilité chez les gens. Donc, ils vont avoir une meilleure sécurité de l’approvisionnement en eau, moins de travaux dans les routes, et assurer à long terme le développement de la Ville. »
Un investissement de 23 M$ est aussi prévu pour la construction d’une nouvelle caserne d’incendie et d’une centrale 911, afin de moderniser les installations et d’améliorer les conditions d’intervention des services d’urgence.
Vers une ville intelligente
Saint-Jérôme amorce sa transition vers une ville intelligente en partenariat avec le Centre de formation innovant (CFI) de la MRC de la Rivière-du-Nord. Subventionné à plus de 50 %, le projet de 4 M$ prévoit l’installation et la synchronisation de 11 feux de circulation intelligents autour du secteur Walmart pour optimiser la gestion du réseau routier à l’aide de technologies avancées. Il s’agit d’un premier pas vers une ville intelligente, assure M. Barbeau.
Pour l’instant, un comité d’intelligence artificielle est en cours de formation pour explorer l’automatisation des tâches administratives, le stationnement intelligent, des feux qui détectent les camions de déneigement, la géolocalisation de la flotte municipale et même le balayage automatique des routes pour repérer les nids-de-poule en temps réel, annonce le maire.
La Ville envisage de transformer son plan triennal en plan quinquennal afin de mieux planifier les grands projets et d’adopter une gestion plus proactive des finances municipales, déclare le maire Rémi Barbeau.

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