Fondé par Stéphane Parent et son équipe, l’organisme est présent chaque dimanche depuis près de trois ans pour offrir nourriture et soutien aux personnes vulnérables. Cette régularité, devenue essentielle pour plusieurs, témoigne d’un engagement soutenu, mais met aussi en lumière une réalité préoccupante : la nécessité de maintenir ces distributions ne faiblit pas, bien au contraire.
L’émotion était palpable lors de cette journée symbolique. « Je suis ému. C’est un accomplissement », a confié Stéphane Parent en observant la foule rassemblée. Si l’équipe s’attendait à une ambiance plus festive, l’ampleur de la participation a donné une portée encore plus significative à l’événement. « Si on n’avait pas besoin d’être là, ça serait mieux, mais on est là », a-t-il ajouté, résumant le paradoxe entre la fierté du chemin parcouru et la persistance des besoins.
Un engagement constant
Derrière chacune de ces distributions se cache une logistique exigeante. Les bénévoles récupèrent les denrées, les transportent, installent le matériel et accueillent les bénéficiaires, peu importe la météo. « C’est beaucoup de travail, surtout qu’on a tous des jobs », souligne Stéphane Parent. L’implication repose entièrement sur du bénévolat, avec des soirées et des fins de semaine consacrées à cette mission.
Pour souligner cette 150e distribution, un gâteau avait été préparé par l’équipe, un geste simple, mais révélateur de la cohésion du groupe et de la reconnaissance envers ceux qui s’impliquent. L’organisme peut aussi compter sur l’appui de commanditaires et d’entreprises locales, dont les contributions permettent de maintenir les activités malgré une pression croissante sur les ressources.

Une demande en hausse
Depuis ses débuts, le profil des personnes aidées a considérablement évolué. « Au début, c’était surtout des gens de la rue. Aujourd’hui, on voit des familles, des femmes, des personnes âgées », observe Stéphane Parent. Chaque dimanche, la file s’allonge, reflet d’une insécurité alimentaire qui touche désormais un éventail plus large de la population.
La présence accrue de parents accompagnés d’enfants illustre cette transformation. Plusieurs viennent chercher de quoi compléter leur fin de semaine, dans un contexte marqué par l’inflation, la hausse du coût de la vie et une précarité économique grandissante. Parallèlement, l’organisme constate une diminution des dons, ce qui accentue les défis liés à la poursuite de ses activités.
Des services élargis
Au-delà des distributions dominicales, Ligne de front Laurentides offre également des épiceries d’urgence aux familles dans le besoin. Ce service, en place avant même les distributions publiques, demeure crucial pour répondre aux situations plus urgentes. Les demandes continuent d’affluer chaque semaine, et l’équipe s’efforce d’y répondre malgré des moyens limités.
Cette double approche — aide ponctuelle sur le terrain et soutien direct aux familles — permet de rejoindre des réalités variées. Pour certains, il s’agit d’un dépannage temporaire ; pour d’autres, d’un appui régulier qui contribue concrètement à leur quotidien.

Une mission fondée sur l’empathie
L’organisme est né d’une réflexion personnelle de Stéphane Parent. « Je me suis dit que si je me retrouvais dans la rue, j’aimerais ça qu’il y ait un organisme comme ça qui s’occupe de moi », raconte-t-il. Cette vision, ancrée dans l’empathie et la solidarité, a rassemblé des citoyens partageant le même désir d’agir.
« Personne n’est à l’abri » d’un événement pouvant faire basculer une situation, rappelle-t-il. L’organisme vient d’ailleurs en aide, à l’occasion, à des personnes issues de son propre réseau. Pour Stéphane Parent, cette réalité devrait encourager le développement d’initiatives similaires dans d’autres municipalités afin de renforcer le filet social.
Un appel à la solidarité
Face à la hausse des besoins et à la baisse des dons, Ligne de front Laurentides lance un appel à la solidarité. La population peut contribuer par des dons en ligne, l’achat d’articles promotionnels ou une implication directe sur le terrain. « On aime ça quand les gens viennent faire des sandwiches et les distribuer eux-mêmes. Ça montre l’exemple », souligne Stéphane Parent, insistant sur l’importance du contact humain, souvent très significatif pour les personnes aidées.
Avant de conclure cette étape symbolique, il tient à remercier « tous les donateurs, supporteurs, commanditaires et bénévoles » qui permettent à l’organisme de poursuivre sa mission. Malgré les défis, Ligne de front Laurentides entend maintenir sa présence chaque dimanche, fidèle à son objectif : répondre, concrètement, à des besoins qui ne cessent de croître.

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