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ACTIS Laurentides réclame des mesures concrètes contre la pauvreté

Photo Phoeby Laplante – Actis Laurentides plaide pour un Québec sans pauvreté.

ACTIS Laurentides réclame des mesures concrètes contre la pauvreté

Publié le 27/03/2026

Le Collectif pour un Québec sans pauvreté et l’Action concertée pour la transformation et l’innovation sociale (ACTIS) Laurentides refuse de porter seul la lutte contre la pauvreté.

Le mardi 10 mars, l’organisme a lancé un message clair au gouvernement du Québec et aux élus politiques à l’approche des élections québécoises de 2026, les invitant à faire de cette réalité une priorité politique. Cette lutte ne peut reposer uniquement sur les organismes et les citoyens, déclarent les instigateurs du mouvement.

Plus d’une trentaine de personnes ont manifesté devant l’Hôtel de Ville de Saint-Jérôme, dans le cadre de la campagne Le discours doit changer ! Parlons de pauvreté. Une journée complète de réflexion et d’action qui s’inscrivait dans le cadre d’une tournée à travers le Québec. L’objectif vise à déconstruire les préjugés et à faire de cet enjeu une priorité gouvernementale, basée sur les droits humains.

Selon le Collectif, même si, en 2002, le Québec a voté une loi pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale, aucune mesure structurante n’a été mise en place afin de lutter contre ce phénomène social. Et pour cause, la pauvreté s’aggrave partout au Québec. Dans les Laurentides, les signes sont de plus en plus visibles, dénonce-t-il.

Selon l’organisme, en 2025, les demandes d’aides alimentaires dans la région ont avoisiné les 159 000, soit près de 20 000 de plus qu’en 2024, équivalant à une hausse de 13,8 % en seulement un an. « Chaque mois, plus de 30 500 personnes ont recours à l’aide alimentaire, une augmentation de 21,6 % de la fréquentation des services. Derrière ces chiffres se trouvent des familles, des travailleurs, des aînés et des personnes seules qui peinent à couvrir leurs besoins de base ».

« L’aide alimentaire n’est pas la solution »

Cette hausse fulgurante des demandes n’est pas sans conséquences sur les organismes communautaires qui en subissent une immense pression, selon ACTIS Laurentides. Carole Lévis, présidente et porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, estime que « ce n’est pas en accordant plus d’aide alimentaire que ça va changer quelque chose si on ne donne pas les moyens d’y avoir accès ». Aujourd’hui encore, plusieurs clichés circulent autour de cette réalité, dénonce Mme Lévis, soulignant avoir elle-même été en situation de pauvreté pendant plusieurs années. Selon elle, l’itinérance et la précarité ne sont pas importantes aux yeux du gouvernement et « leurs mesures sont complètement éloignées de nos réalités », critique-t-elle.

Le Collectif appelle les décideurs à prendre des mesures fortes visant à améliorer l’accès au logement et renforcer les services publics, afin d’éviter que la précarité continue de s’étendre dans les Laurentides, laissant un nombre grandissant de personnes sans filet de sécurité.

Une campagne provinciale pour un profond changement

La campagne préélectorale « Parlons de pauvreté » a mis de l’avant le Manifeste pour un Québec sans pauvreté qui rappelle que cet enjeu est une atteinte à la dignité et aux droits fondamentaux. Le document rappelle également les responsabilités qui incombent au gouvernement québécois de mettre en place des mesures structurantes, basées sur ses engagements actés par la signature de la Charte des droits et libertés, sa liaison au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et l’adoption de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

À travers son Manifeste, le Collectif pour un Québec sans pauvreté et l’Action concertée pour la transformation et l’innovation sociale (ACTIS) Laurentides exige du gouvernement le rehaussement des protections publiques pour assurer un revenu couvrant les besoins de base, un salaire minimum décent, une politique globale en habitation, une Loi-cadre sur le droit à l’alimentation, entre autres.

Le Collectif espère qu’avec un changement de discours, les élus de l’Assemblée nationale entendront leurs revendications.