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Saint-Jérôme : Des citoyens de la rue prennent le relais

Photo Marie Pier Lafleur – À l’arrière, André Michaud et Jake et à l’avant Micheline Pagé, Cynthia Prévost, propriétaire la Pizzeria 279, Maxime Bouffard, tous impliqués dans le mouvement « L’itinérance en grève ».

Saint-Jérôme : Des citoyens de la rue prennent le relais

Publié le 03/04/2026

Privées de services pendant la grève du communautaire, des personnes en situation d'itinérance prennent le relais pour offrir chaleur et repas aux plus vulnérables à Saint-Jérôme.

Une réponse immédiate

Pat dit comprendre les raisons de la mobilisation des organismes, mais la fermeture simultanée de plusieurs services crée un choc pour ceux qui en dépendent. « Ils sont à bout depuis 30 ans », affirme-t-il. Il a rassemblé une douzaine de personnes en situation d’itinérance pour offrir un soutien minimal aux plus vulnérables. Ils tentent ainsi de maintenir un certain équilibre.

La Pizzeria 279, située au centre-ville, est devenue un point de chute. Sa propriétaire, Cynthia Prévost, ouvre son commerce chaque matin pour offrir des déjeuners gratuits. « On ouvre les portes le matin pour les inviter à venir manger », explique-t-elle.

Cynthia précise qu’elle aide déjà ponctuellement des personnes dans le besoin lorsque les organismes sont fermés ou débordés. La grève a toutefois accentué la demande et transformé cette aide en service quotidien. Certains arrivent après plusieurs jours sans repas complet, dit-elle. Elle prépare alors ce qu’elle peut, selon les dons et les moyens disponibles.

Une solidarité active

Autour de cette initiative, des personnes de la rue participent aux tâches quotidiennes. Elles accueillent les visiteurs, aident à la distribution des repas ou s’occupent du nettoyage. « Les gars de la rue ont passé le balai à la fin », raconte Pat. Pour plusieurs, cette mobilisation est une façon de contribuer et de soutenir ceux qui vivent la même réalité.

La fermeture temporaire des organismes a des conséquences concrètes. Maxime Bouffard, qui a déjà vécu l’itinérance, observe les effets immédiats. « Ce sont les plus démunis qui en souffrent », dit-il. Au-delà du repas, l’impossibilité de se laver, de laver ses vêtements ou de se réchauffer complique la vie quotidienne. Selon lui, même si la grève est justifiée, elle met en lumière la précarité des conditions de vie des personnes en situation d’itinérance.

Une mobilisation qui interpelle

Pat voit dans cette mobilisation une occasion de rappeler l’importance du travail communautaire. Il souhaite que la grève provoque une prise de conscience plus large. « Quand le communautaire tombe, le peuple se lève », dit-il. Pour lui, l’initiative n’est pas une critique des organismes, mais un geste de solidarité envers eux. Il espère que cette action contribuera à montrer au gouvernement l’ampleur du travail accompli par les intervenants et la nécessité de mieux soutenir leur mission. « Lutter contre la pauvreté, ça fait des décennies et ça n’a pas donné de résultats », ajoute-t-il.

Alors que la grève doit se terminer le 2 avril, les personnes impliquées espèrent que leur action aura permis de limiter les impacts sur les plus vulnérables. Elles souhaitent aussi que cette mobilisation rappelle l’importance du travail communautaire et la nécessité de le soutenir adéquatement.